Ils ont gagné …

Ca m’arrache un peu la bouche de le dire, mais chapeau à l’équipe d’Oracle qui a gagné la Coupe.

Evidement, bien des gens vous diront que c’est uniqeument en déversant plus d’argent sur la coupe que les concurrents qu’ils ont gagné.

Mais.

Mais ce ne sont certainement pas premiers à le faire. Lipton a essayé en son temps (et échoué suffisament pour que ca fasse partie de la légende). Vanderbilt, lui, a réussi en y engloutissant une somme également conséquente.

Et puis surtout, le budget pour une campagne complète (qui est bien plus lonue qu’une seule année) pour Oracle-USA est équivalent à celui du PSG pour une seule année.  Un club d’un pays mineur du footbal. Et je ne vous parle pas non plus de sports vraiments chers (genre F1, NBA, ou golf).

Et enfin, il faut avouer qu’il a donné un sacré coup de fouet à la coupe, ce bougre d’américain.

Regardez cette vidéo commémorative

Ca fait pas envie ?

Non ? Très bien, alors disons celle-là

Eh ben moi, ça m’éclate. les mecs flottent à 40 noeuds dans la baie de San Francisco, en se tapant des maoneuvres de dingues avec passage à deux mètres l’un de l’autres.

L’Everest de la voile dans ton salon !

L’expression est complètement fausse, mais la réalité est là.

On peut cette année (comme il y a quatre ans déja apparement) se faire le Vendée Globe depuis le confort de son ordinateur.

La simulation est simpliste, mais réserve parfois de bons moments.

Tiens, regardez en ce moment par exemple

Je suis là (en rose au centre du cercle)

Et les vrais concurrents, eux, sont là

Pas loin, hein ?

Bon, ils vont quand même plus vite, ce que je peux comprendre puisque eux suivent leur bateau 24 heures sur 24.

Cela dit, je n’échangerai pas, je crois, ma place contre la leur, malgré toute la passion que je voue à la mer.

Passer trois mois à aller se taper des dépressions (comme au début de l’Atlantique), du soleil (comme maintenant) ou un froid polaire dans des bateaux qui sont tout sauf confortables, très peu pour moi.

Cela dit, il y a au moins un concurrent à suivre pour des raisons autres que sportives. Javier Sanso, en effet, fait le Vendée Globe avec un bateau n’utilisant pas une goutte d’essence ! Il va tirer toute son énergie du vent, de la mer, du soleil. Et ça, personnellement, ça me plaît bien. Parce que dans mon futur post-pétrole personnel, des bateaux qui foncent à travers les océans pour accumuler des méga-watts dans leur batteries et les livrer au port sont une vision qui me séduit énormément, même si elle est irréaliste.

 

 

La coupe de l’America bientôt en France ?

Bon, n'exagérons rien, ça n'est pas encore gagné. Pour reprendre du début …
Vous savez bien sûr qu'à l'issue de la dernière édition de la coupe, les règles ont changé ?
Vous savez aussi que, suite à ce changement de règle, les bateaux utilisé dans la coupe ne seront plus de longs, lourds et lents monocoques, mais d'à peu prés aussi longs (mais tellement plus rapides) catamarans à aile (légèrement inspirés par le précédent vainqueur de la coupe, il faut bien l'avouer) ?
Vous savez enfin que, dans le domaine du multicoque de grande taille, les français excellent ? Ah, vous ne savez pas ? Bon, résumons.
Qui est l'actuel détenteur du record du tour du monde à la voile en solitaire ou en équipage ? (tant qu'à faire, vous pouvez prendre à peu prés n'importe quel record de vitesse sur une longue distance, ce sera sans doute un français à la barre)
Bon, évidement, les records de vitesse ne sont pas vraiment parlants. Parlons donc de régates ? Eh bien dans ce cas, c'est encore plus simple. Mis à part l'extreme 40 et les Decision 35, je ne connais pas des tonnes de régates se courant en multicoques (mis à part le circuit ORMA, qui va bientôt fermer ses portes). Et évidement, quand il y en a, on retrouve des français à la barre. Et pas qu'à la barre, en fait, puisqu'on les retrouve aussi dans les cabinets d'architectes qui dessinent ces drôles de libellules.
Donc, le multicoque, en France, on sait plutôt bien faire.
Alors quand j'apprends, ce matin, que Bruno et Loïc Peyron, qui à eux deux ont un palmarès digne de Jeannie Longo (cherchez pas, ça doit être la championne qui a le plus de titre de champion du monde de tous les sports connus ou pas, notre Everest méconnu du sport), vont se lancer dans la coupe, je me dis que, si jamais ils arrivent à réunir le colossal budget nécessaire à ce jeu de grands, ils auront une bonne chance d'emporter l'aiguière d'argent. Et ça, ça me fait plaisir (même si je ne porte pas le cadet dans mon coeur, pour des raisons évidentes de jalousie).

La coupe de l’america passe enfin au progrès !

Au mois de février, je faisais état de ma déception à voir Oracle gagner la Coupe de l'America.
Je dois aujourd'hui dire que je me suis trompé. Je le dis donc bien fort :

Je me suis trompé. oracle est, dans ce cas, le gentil.

Je m'explique. J'ai appris ce matin même que la prochaine coupe de l'america ne se courrait pas sur les bateaux de la précédente émission, ni même sur des Volvo Open 70 améliorés, mais sur des multicoques à aile !

Et c'est une décision que j'applaudis des deux mains. Parce que si, pour les initiés, le spectacle des Class America enchaînant les manoeuvres millimétrées est plaisant, celui de voir des bateaux du XXIéme siècle faire de même sera sans aucun doute éblouissant. Surtout si l'organisation s'arrange pour avoir enfin les moyens médiatiques dignes du plus vieux trophée sportif au monde !

Il faut savoir par ailleurs, comme le dit très bien Matthieu Robert, que les catamarans à aile rigide, ça existe déjà depuis un moment en petit sur es class C, mais aussi sur certains (en fait, sur tous) les engins de record de vitesse à la voile, parce que ces ailes permettent de meilleures performances. D'ailleurs, BMW-oracle l'a démontré en février dernier en écrasant sous sa botte Alinghi, que je soutenais pourtant.

Donc, nous aurons droit à une Coupe beaucoup plus rapide, sans aucun doute mieux filmée … Parce que bon, même la régate Alinghi-BMW-Oracle était moins bien filmée à mon goût que la Volvo Ocean Race (où les cameramen embarqués sont la règle, et fournissent des images particulièrement spectaculaires, surtout dans les mers du Sud) alors que les deux bateaux de ce défi allaient aussi vite que les monocoques de la course transocéanique.

Bref, ce sera une régate enfin au goût du jour, avec des bateaux qui seront très beaux, et des moyens de retransmission dignes de ce trophée.

Enfin ça, ce ne sont que les voeux d'un amateur de bateaux 🙂

En vrac

En vrac, parce que j’ai juste la flemme de développer
  • NRJ12 a eu ce week-end la bonne idée (dans leur diffusion en pur vrac de tout Stargate SG-1) l’excellent, le formidable, le magnifique épisode « L’histoire sans fin » dans lequel Teal’c et O’Neil sont les seuls à se rendre compte qu’ils sont dans une boucle temporelle. Il est jubilant, émouvant, malin, plein de surprises. Bon, vous l’avez loupé, dommage pour vous ! Sachez juste qu’il fait partie pour moi des épisodes qui font de cette série une référence avec celui qui parle du trou noir. D’ailleurs, cet épisode me fait terriblement penser à Sans parler du chien, pur vaudeville temporel à lire absolument.
  • La France a gagné son grand chelem samedi soir face aux maudits anglais, dans un match à l’envers : les français jouaient comme des anglais (sérieusement, avec une mêlée forte et sans faire de fautes) quand les anglais jouaient un rugby champagne à la française (plein de panache et de fautes). C’était vraiment du très bon rugby.
  • Franck Camas a (à ma grand surprise) réussi à ravir le trophée Jules Verne des mains de Bruno (le meilleur des frères Peyron). Chapeau pour la remonté express de l’équateur ! Quand je pense que le premier record sur ce trophée était de 79 jours, et qu’on arrive maintenant peu prés à la moitié de ce temps, c’est vraiment impressionnant.
  • En parlant de bateaux, j’ai eu la surprise de voir le club de Boulogne s/Mer dans le dernier numéro de Voiles et Voiliers, pour une évocation pleine d’admiration pour les furieux d’Iromiguy. Bon, ça m’a fait drôle (faudrait d’ailleurs que je note les citations les plus typiques de mes navigations dans cet article, parce que ça vaut le détour). Au passage, un petit bonjour à Arsène (sur la photo, c’est le barbu) ne fera pas de mal à ceux qui savent quelle bonhomme c’est !

Et c’est encore Oracle qui remporte la mise !

Ce week-end, une bataille juridico-médiatico-sportive s'est encore terminée par la victoire d'Oracle (et je pleure des larmes de sang).
Face à Valence (enfin presque), à l’h'ure où l'apéritif commence à devenir une bonne idée, deux bateaux incroyables, inimaginables sont partis se colleter dans un temps de demoiselle pour le plus vieux trophée sportif du monde.
D'un coté, on avait Alinghi 5, héritier d'une tradition hélvetique de la voile, marriant des tonnes de carbone à une surface de voile proprement ahurissante (avec un genaker de 1100 m²). Alinghi 5, c'est un descendant d'un bateau dont le nom (et les images) m'a fait rêver tout jeune : Happycalopse.
De l'autre, on avait BOR, alias DoGZilla. Celui-là est dessiné par des français (non, pas de cocorico, ce sont "juste" des mercenaires qui ont choisi le bon camp. après tout, chez Alinghi, il y avait Loïc Peyron) et, surtout, dispose d'une voile rigide. Ce n'est pas une idée nouvelle puisqu'elle avait déja permis la victoire de Stars & Stripes en 88 face au monocoque géant des néo-zélandais. Néanmoins, par ses dimensions, c'est un objet extraordinaire.
Si la plupart des commentateurs retiennent le gâchis pour l'écosystème de la coupe, je retiens pour ma part que ces deux bateaux ont été parmi les plus belles machines à vent que j'aie jamais vu. Dans ces petits airs de 5 noeuds, par lesquels je détestais mettre les fesses sur mon laser (même si je faisais mes meilleurs résultats dans ces vents légers, mais pas trop), voir ces deux engins passer les 22 noeuds (!!!) était une image proprement exceptionnelle, qu'on ne reverra hélas pas avant un sacrément long moment.
Cependant, la vidéo de la dernière régate est toujours disponible sur le site officiel de l'america's cup. Alors profitez-en tant que ça dure, regardez ces machines formidables foncer sur une mer si lisse. Bien sûr, ça ne vous fera pas grand chose. Mais dites-vous que pour certains, c'est à la fois la quintescence du gâchis le plus obscène et la plus belle expression du savoir-faire nautique (oui, les deux en même temps).

Un peu de rêve

Pour finir cet été avec style, je vais vous parler un peu de mon nouveau rêve de vacancier.

Mais avant de ça, remontons dans le passé d'au moins une décennie.
Quand j'étais encore enfant, mes parents voulaient me voir pratiquer une activité sportive. C'était bon pour ma santé. Il faut dire qu'elle en avait bien besoin : je grandissais vite, très vite. Sans doute même trop vite. Et, faute d'une musculature adéquate, mon dos aurait pu facilement ressembler à un de ces bambous très décoratifs
Donc, j'ai tété du sport.
D'abord de l'escrime, pour lequel je n'avais aucune prédisposition (et qui avait le défaut notoire de faciliter l'apparition de scolioses et autres problèmes comiques).
Ensuite l'aviron, qui me fichait la trouille à cause de la coque de section ronde (ce qui facilite beaucoup les mouvements de roulis).
Et enfin la voile. Ah, la voile. Le début n'a pas été forcément grandiose (peut-être parce que j'avais peur de l'eau, à l'époque), mais j'ai rapidement fait des progrès significatifs. J'ai donc commencé à écumer les bateaux, d'abord en optimist, ensuite l'Europe et enfin le laser. Si je m'écoutais, je ferais une entrée sur ce blog pour chaque bateau que j'ai skippé. Avec leurs fortunes de mer respectives, les grands moments que j'ai vécu à bord, mes plus belles navigations – les plus moches aussi. Mais je me demande si ça vous intéresse vraiment. Et tout cela, je le vivais au lycée, en section sport-études voile, à Boulogne/Mer. Je crois pouvoir dire que ces années m'ont transformé aussi bien physiquement que moralement. Normal, c'était l'adolescence. N'empêche, le fait de se taper 8 heures de voile en plus des cours classiques (oui, il y a des sport-étude moins faciles que d'autres) m'a donné une bonne dose de confiance en moi.
Bref, vous l'aurez compris, la voile, dans mon imaginaire, c'est quelque chose qui compte.
Alors tous les ans, pendant les vacances, je vais au bord de la mer (à Noirmoutier, cette année) et sur la plage, face à l'immensité de la mer, je rêve de bateaux.
Avant, je rêvais de Blue-Djinn : un petit bateau, facile à manoeuvrer, facile à mettre à l'eau, et facile à mettre derrière une voiture pour changer de lieu de balade. Parce que ma vie précédente de dériveur m'a appris que la mer n'est jamais aussi belle qu'en face de la plage.
Seulement, si c'est un bateau d'une taille raisonnable (et donc facile à mener), c'est aussi un monocoque, souffrant pour moi d'un handicap majeur : sa lenteur. Et puis, pendant les vacances, j'ai vu un weta. Et là, ce fut le flash : la solution pour emmener promener ma famille de l'autre coté de l'eau, ça n'est pas le monocoque, mais le multicoque, et plus spécifiquement le trimaran à bras démontables. Du coup, maintenant, je regarde les dragonfly, tricatécorsair d'un tout autre oeil … et je rêve. Et je passe du temps sur nauticaltrek. Et je rêve … Ca me passera peut-être … ou pas. En attendant, j'irais bien passer un week-end en morbihan tester le tricat 23.5 !