[sf-info] Moebius Redux sur Arte hier soir

Tiens je l’ai vu hier soir sur Arte, effectivement, et c’était très très très bien.
On y apprend par exemple que « La déchirure » fait partie pour Jean Giraud de ses meilleures oeuvres, ou qu’Alien (le film) n’a été fait que parce que Dan O’Bannon était désespéré de ne pas pouvoir faire Dune avec Moebius/Jodorowski (qui, eux, ont fait l’Incal à la suite de cet échec).
On y découvre aussi que Mike Mignolia (l’auteur de Hellboy) trouve le mode de fonctionnement commercial hyper-formatté des comics US particulièrement frustrant, chose avec laquelle je suis globalement d’accord.
Bref, c’était trééééés bien.
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From: Michel Borderie
Date: 2012/3/14
Subject: [sf-info] Moebius Redux sur Arte ce soir
To: sf-info@yahoogroupes.fr

Pour ceux qui ne l’on pas vu, ce soir ARTE rediffuse à 22h 25 le documentaire Allemand MOEBIUS REDUX ! (passé en salle aux Utopiales d’ailleurs).

Un documentaire absolument remarquable !

Pourquoi il n’y aura pas de suite à Aube d’Acier

Si vous le ne savez pas déja, je suis un lecteur de science-fiction plutôt assidu, et ce depuis des années (ça me permet de replacer cette superbe – je trouve – page de statistiques de lectures de Goodreads).
La science-fiction a cela de génial qu'au milieu de trouvailles littéraires se glissent d'autres trouvailles, parfois plus scientifiques (et on s'en va gaiement du coté de Greg Egan), et parfois plus de l'ordre du zeitgeist.
Et Charles Stross est un auteur de ce type, à mon sens. En effet, plus que l'"invention" des cornucopia (je mets invention entre guillemets, parce qu'évidement, en arts, rien ne se crée, tout se copie – curieusement, la citation de Picasso n'est pas disonible sur Wikiquote … je ne comprendrai jamais les arcanes de la wikimedia foundation), ce qui caractérise toute son oeuvre (du moins l'oeuvre traduite), c'est sa modernité. Lisez-donc Crépuscule d'Acier et sa suite, ou Le bureau des atrocités pour vous en convaincre (à propos de ce dernier, j'imagine qu'il doit y avoir une certaine forme de parenté entre la bureaucratie secrète de ce roman et la bureaucratie privée que semble décrire LL Kloetzer dans Cleer, mais je ne m'avancerai pas plus).
Donc Charles Stross est un auteur que j'aime bien.
Qui plus est, il a un blog dans lequel il parle intelligemment, je trouve, de son métier d'auteur. Il y parle notamment des livres qu'il n'écrira pas.
Comme par exemple la suite d'Aube d'acier.
Et ses explications valent clairement le détour. J'y lis la critique de plusieurs postulats du space-opera :
  • L'existence de voyages plus rapides que la lumière, qui implique la présence de voyages temporels ou d'une entité capable de les empêcher (dans le cas des deux premiers romans, la deuxième hypothèse a été préférée avec l'Eschaton, mais que se passe-t-il si un de ses ennemis remonte le temps avant la création de cet Eschaton ?)
  • Le fait que le space-opera soit en fait une transposition à l'espace des récits pré-voyage aérien de masse, avec des analogies simplistes entre continents et planète (et là, en tant que fan du genre, j'ai été mortifié de comprendre que cette littérature, qui m'a donnée quelques excellents moments de lecture, était en fait un genre très ancien, très balisé, et donc somme tout réactionnaire).
Et j'y lis aussi un scénario on ne peut plus fabuleux, avec des pirates de l'espace qui seraient en fait "simplement" des traders jouant du délit d'initié à l'échelle galactique (ce qui me fait curieusement penser à Piège de Cristal, ou tiens, cette scène de Wall Street oé Charlie Sheen joue le serveur dans un restaurant pour banquiers d'affaire), et des planètes retombées en barbarie et ne jouant donc pas le jeu de la finance internationale (pardon, galactique). C'aurait pu être une chouette dénonciation de certaines dérives de l'appui de l'économie sur le jeu financier, non ?
Eh bien non, ça ne sera pas. Et j'en suis triste.
Cela dit, si il n'écrit pas celui-lé, il en écrira sans doute d'autres … espérons qu'ils seront aussi bons que le reste de sa production !

Juste en passant

Depuis plus de dix ans, je suis un fervent abonné au newsgroup usenet fr.rec.arts.sf. Bon, il est clair qu'en 2010, parler d'usenet, ça ne peut faire que dino.

Il y a dix ans, quand j'ai débuté, il y avait quelques personnalités qui hantaient ce forum : Yann Minh, Joseph Altairac, Roland C Wagner, Nathalie Labrousse et tant d'autres (je pense aussi à Laurent Klozetzer, par exemple). Il y avait bien sûr tous les habitués du lieu (Marypop, Stormbringer, …). Avec le temps, beaucoup sont partis, et bien peu les ont hélas remplacés. Ce qui fait que fras, comme on l'appelle entre nous, est maintenant un forum en semi-hibernation. Cependant, c'est toujours un lieu de discussion des plus agréables, comme en témoigne cette discussion autour d'Axiomatique, fascinant recueil de nouvelles de Greg Egan.

Donc, si vous aimez la SF, et si vous ne savez pas où en parler sur le web, venez nous voir sur fras, on sera toujours heureux de vous accueillir.

Windhaven !

Pour ceux qui ne l’auraient jamais lu, l’excellent roman Windhaven se passe sur une planète abandonnée, dont l’immense océan n’abrite que quelques îlots volcaniques entre lesquels la caste des messagers plane, portée par un vent furieux sur une mer qu’on imagine balayée par des vagues scélérates.

 

Pourquoi je vous parle de ce formidable roman ? Tout simplement parce qu’en regardant Ushuaïa Nature, j’ai vu les îles de ce roman : ce sont les îles Vestmann, au sud de l’Islande. Et quand on les voit, on imagine le courage de ces messagers qui se jettent dans le vide.

 

Bon, cela étant, c’était quand même Ushuaïa Nature, et il a fallu se taper le discours vomitif de Nicolas Hulot pour en arriver lé. Mais je trouve que ça valait le coup.

Salle 101

Il y a peu de temps, le fameux Lucas Moreno a envoyé un message sur sf-info à propos de nouveaux podcasts sf. Ca m'a permis d'en tester quelqu'uns, que je ne connaissais pas encore (en plus évidement d'utopod et des lyonnes de la sf – désormais Flo toute seule) :

  • Le palais des déviants nous parle d'orgueil et préjugés et zombies, par exemple, mais hélas diminue l'intérét de son propos par une diction hachée (bon, je sais que c'est un élément assez subjectif, mais j'ai trouvé leur diction vraiment pénible). Bon, je retiens cependant une délicieuse citation : "Comme le temps passe vite quand on n'est pas attaché à un radiateur".
  • Salle 101 est en revanche une bonne surprise grâce à des choix sortant de l'ordinaire ainsi que grâce à l'évident talent littéraire de la famille Abdaloff.
Avec tout ça, j'ai presque plus le temps pour écouter de la bonne musique, comme par exemple Manowar, et ça, c'est moche.

Heinlein et l’informatique

C’est pas tous les jours que Javaworld fait référence à l’un des meilleurs auteurs de SF de l’histoire du genre. Et franchement, c’est un article à lire, et plutôt deux fois qu’une. la sagesse d’Heinlein fait encore une fois mouche.

 

PS : moi aussi, il y a bien longtemps, j’utilisais un fichier de signatures (avec l’excellent rndsig, dont j’avais même écrit un clone en Ruby), mais le cloud l’a tué.

autopublicité dérisoire

Depuis des années, je lis de la SF.
Et depuis des années, je partage mes lectures.
Au début, c’était sur http://groups.google.fr/group/fr.rec.arts.sf/topicsfras. Et, avec la déliquescence de usenet, la fréquentation sur fras a décliné. Longtemps, je me suis demandé en arrière-plan où pourrais-je aller balancer mes chroniques mal écrites. On m’avait proposé un moment de collaborer à noosfere. Hélas, l’exigence (que je salue) de mes correcteurs était trop haute pour le temps dont je disposais.
Je me suis aussi demandé si je n’allais pas simplement migrer vers l’un des multiples forums web de SF, mais je suis définitivement un dinosaure, adepte passionné de la clarté d’usenet. Donc, je n’ai jamais migré.
Et puis, il y a deux semaines, j’ai reçu une proposition de participation à murmures.
Personne ne me demande d’améliorer ma prose.
Personne ne semble même me lire.
Mais c’est pas grave : mes chroniques ont une visibilité bien supérieur à ce que fras et goodreads peuvent leur offrir, et c’est tout ce qui compte.
Bon, il y a sans doute une bonne dose d’égotisme à cette façon de rendre mes écrits visibles, mais est-ce si important ?

la faim du monde

Je ne vous en ai pas parlé, mais au bureau, ce week-end, on a tous eu un joli cadeau : un iPod nano 4 Go !

En tant que bon fan de SF, j’ai tout de suite cherché quelques bons podcasts. un, en particulier est, après la première nouvelle, excellent, c’est Utopod. Et la première nouvelle en question, c’est la faim du monde, de Xavier Mauméjean (la deuxième partie est ici). Pour les plus bibliophiles, vous trouverez un peu d’info sur la noosfere, par exemple. Maintenant, trève d’informations variées, passons au contenu.

Du début à la fin, c’est une nouvelle terrifiante, je trouve. Par son thème, par sa mise en scène, et par sa vision d’une profondeur assez démente. A titre personnel, je trouve la préparation de la soupe de chien qui sert d’ouverture tout bonnement répugnanteCe qui est répugnant, ça n’est pas tant le fait qu’on puisse manger de la soupe de chien -je trouve ça moins glauque que les huîtres, par exemple- que la manière dont c’est présenté.. Oh, bien sûr, la communion finale est également hideuse, mais avec toutefois une notion sacrificielle que l’auteur met très bien en scène, et que la lectrice présente encore mieux. J’ai d’ailleurs trouvé cette nouvelle expérience tout à fait saisissante par le média choisi.

Parce qu’après tout, quand je lis un livre un peu glauque, je peux sauter des pages, où m’arrêter le temps de digérer. Ca m’est arrivé par exemple dans un des tomes du trône de fer où Arya fr snvg dhnfvzrag ghre cne wr ar fnvf cyhf dhry Pyrtnar, ou alors dans La horde du contrevent dont la conclusion est plus qu’il n’en faut pour casser le moral à pas mal de monde, je trouve. . Quand je regarde un film, je peux aussi, mais c’est beaucoup plus rare, détourner pudiquement les yeux. Mais là, cette voix me force à l’écouter, même si ce que j’écoute me déplait profondément. A mon avis, c’est ce qui peut faire du podcast un très bon medium pour des récits ayant une forte charge émotive (pas de la hard-science débridée quoi). Et en l’occurence, c’est un succès remarquable ! Bravo donc aux éditeurs de ce brillant podcast, et longue vie à Utopod.