Sur internet, tout est faux

J’ai vu passer cet après-midi sur shaarli.fr un lien vers un article expliquant qu’une pauvre ahtlète israëlienne n’avait pas eu droit à sond rapeau aux championnats du monde de natation …

Ca m’a paru bizarre alors j’ai fouillé.

D’abord, je vous explique pourquoi ça m’a paru bizarre.

En tant que vieux pas trop sportif, j’aime voir de jeunes corps musclés montrer les capacités formidables du corps humain. J’aime donc le sport. Presque tous les sports (sauf le curling, le cricket et le foot – dans les trois cas la performance athlétique s’efface devant d’autres considérations). Y compris donc la natation.

J’ai notament le souvenir des derniers championnats du monde, qui ont eu lieu cet été … en Espagne ! Heureusement, la wikipedia, jamais avare d’informations, m’a indiqué qu’il y a bien des championnats du monde de natation à Doha … en 2014 !

Du coup, l’article initial devient des plus suspects : comment se prétendre un site d’information quand on publie quelque chose d’aussi manifestement faux ? Mmh … sans vouloir prêter d’intentions malhonnêtes (les gens même les professionnels de l’information – peuvent se tromper) à l’auteur, peut-être les tensions politiques locales ont obscurci le jugement du journaliste …

Ce qui m’intrigue, c’est que c’est loin d’être la première fois que je vois passer des choses inexactes – voire fausses – voire même complètement débiles comme toutes les histoires qui viennent de wikistrike – sur shaarli.fr.

Alors les petits gars, faites gaffe. D’accord, c’est une histoire qui vous remue, et qui marche bien aprce qu’une partie de l’opinion tend à montrer les arabes, les maghrébins au sens large (parce que le rapport entre marocain et qatari est géographiquement aussi précis que celui entre un français et un russe) et les qataris en particulier comme des méchants envahisseurs, mais, justement parce que c’est une bonne histoire, affûtez votre sens critique.

Après tout, on est sur internet, et tout peut être faux … oui, y compris cet article.

Publicités

http://www.antipope.org/charlie/blog-static/2013/08/the-next-moves-in-the-spooks-v.html

http://www.antipope.org/charlie/blog-static/2013/08/the-next-moves-in-the-spooks-v.html

Ca n’est pas parce que c’est un auteur de science-fiction que j’apprécie beaucoup que je vais faire le fan et dire qu’il a raison, point final.
Néanmoins, je sais bien que les lois de protection contre la pédo* sont là uniquement pour fournir un point d’entrée aux états pour la limitation du web.
Dans le même esprit, son hypothèse sur la désinformation par la pub est totallement réaliste.
N’empêche, dans un cas comme dans l’autre, il s’agit de tentatives – déséspérées et déséspérantes à mon avis – de museler le web qui peuvent très bien se produire dans notre « pays de la liberté (qui, comme toutes le démocraties inféodées au pouvoir américain, a refusé la demande de droit d’asile de Snowden).

Petit apparté : j’aurais bien voulu êttre un lien vers le monde ou libération pour cette histoire de droit d’asile, mais je trouve beaucoup plus facilement avec DuckDuckGo les articles de l’Humanité ou de Marine Le Pen (je mets les deux en lien pour conserver ma neutralité de ce point de vue là). C’est très étrange, cette histoire …

Ca a peut-être un rapport avec la durée de vie des articles en consultation publique …

En tout état de cause, l’article de Charles Stross est passionant, parce qu’il montre bien quelles armes numériques cette guerre de l’information utilisera.

guerre de l’information ? Oui. Clairement, cette affaire Snowden est le prétexte parfait pour que les démocraties occidentales jettent le masque et montrent qu’elles préfèrent se mettre du côté de la Chine que de celui de la liberté d’expression.

Free lance Adblock++ … La presse en ligne s’effraie

C’est marrant comme un clou chasse l’autre.
Après l’article sur la presse papier qu’internet tue, voici le tour de la presse en ligne que free tue. Avant le débat, un petit résumé des épisodes précédents …

Hier, free a déployé une mise à jour de la freebox server HD sobrement numérotée 1.1.9. Outre les habituelles corrections de bug, cette mise à jour contient une nouvelle fonctionnalité :

Ajout d’une option adblocker permettant de bloquer des publicités (bêta)

Les articles qui sont parus, par exemple chez Numerama ou Freenews (ces derniers étant pourtant des authentiques fans de free) ne sont pourtant pas si élogieux que ça … Pour une raison assez logique : ces sites « d’information » vivent uniquement de la publicité. Or c’est précisément cette publicité qui est bloquée par free. Du coup, c’est la bronca, et même le #AdGate comme le souligne FreeNews. Et, reprenant à son compte une tradition Sarkoziste, la ministre de l’internet marchand et publicitaire se saisit du problème :

Pourtant …

Pourtant …

Un bloqueur de publicité, ca fait bien longtemps que j’en ai un ou deux (Adblock+ et Ghostery) installés dans mon Opera/Firefox/Chrome. Et personne n’est venu me dire que je tuais le gentil internet marchand au profit de ces crypto-fascistes de (au choix) LinuxFr, JavaChannel et autres sites totallement gratuits (comme par exemple la Javadoc, les sites Maven, tous les blogs tenus par des sales anonymes communistes, …). Alors pourquoi, quand free.fr facilite le déploiement de cette technologie (qui n’est PAS du DPI, mais juste une utilisation ingénieuse du DNS – du moins c’est ce que j’en comprend) les sites marchands (qui rappelons-le ne payent pas vraiment la juste redevance pour l’utilisation des tuyaux qu’ils font – le meilleur exemple étant Google qui refuse de payer pour améliorer son peering avec free.fr) tombent-ils joyeusement sur le dos de free.fr ? Hein ? Vous me dites que c’est parce qu’ils vont devoir se décarcasser pour générer du revenu intelligement ? Et que c’est pour ça qu’ils sont grognons ? Pfff … Un jour, il faudra que les marchands du temple comprennent qu’internet n’a pas à l’origine été conçu comme un espace marchand.

En parallèle, je me demande dans quelle mesure ce blocage n’est pas une vraie solution aux problèmes de débit échangé entre free.fr et google (puisque celui-ci est le propriétaire de la plus grosse régie publicitaire du web au monde).

Pour finir, je ne résiste pas au plaisir de recopier ce tweet, qui colle bien avec mon opinion sur la question :

Je disais pour finir, mais le dernier paragraphe de cet article de Freenews est proprement édifiant :

Nous sommes attachés à l’idée qu’un internaute doit accepter et activer sciemment une telle limitation, s’il le souhaite ; de même, un éditeur de site devrait avoir le droit de se tourner vers les services de la régie publicitaire de Google s’il le désire, sans être filtré depuis les connexions de Free par défaut pour autant.

Donc, d’après ce paragraphe, il faudrait que l’internaute doive, pour chaque site où il voit de la pub (qu’il n’a pas demandé à voir, je me permets de le rappeler), dire au site « non, votre  pub, je n’en veux pas » … Euh.

De mon point de vue, la pub est, qu’elle soit visuelle, auditive, odoriférante ou tactile, une aggression : le quidam qui subit cette publicité ne l’a jamais demandé. Je veux bien reconnaître que les médias traditionnels ont vécu avec depuis tellement de décennies qu’on pourrait croire les simples citoyens, mais ça n’est pas le cas. Il y a des déboulonneurs d’affiches publicitaires sauvages, des saboteurs de publicité sous biend es formes, et je trouve ça bien (mais un peu schizophrène et sans aucun doute manipulateur) que ce genre d’action devienne publiquement visible sur le web, au lieu d’être cantonnée aux « experts » (dont je fais hélas partie) qui surfent toute la journée sans jamais voir la moindre pub salir leur écran.

La presse papier court à sa perte

C’est du moins ce que je déduis de cet article de Numerama : « 300 euros : le prix d’un lien hypertexte vers un journal » trouvé via ce tweet particulièrement élégant de @humourdedroite

(le sous-entendu salace n’est à mon avis pas accidentel). Donc, en irlande, confrontés à la chute de leurs revenus, les medias traditionnels s’attaquent (comme les français tentent de le faire) à internet, le grand satan du XXIème siècle. C’est bien, ça leur permet de ne pas se remettre en cause. En revanche, ça ne leur permet absolument pas d’évoluer … or, vous le savez, le capitalisme partage une propriété avec l’évolution darwinienne (hélas pour les américains de droite créationistes, serais-je tenté de dire) : il faut évoluer, ou mourir …

Freebox … révolution ?

Ce dernier mois a été marqué, inhabituellement, par une actualité assez riche pour les freenautes (dont je suis) :
  1. La freebox révolution est dévoilée, rien à dire, il y a effectivement des changements qui me font saliver d’une façon assez peu digne (le NAS, le navigateur web, le lecteur Bluray), surtout quand on compare avec les concurrents.
  2. Les tarifs augmentent (pour la première fois en sacrément longtemps, et « à la demande » de l’Europe), c’est évidement une mauvaise nouvelle, mais une mauvaise nouvelle attendue depuis longtemps, et qui fera à nouveau de la Freebox (v5, cette fois) l’abonnement haut-débit le moins cher de France.
Ce qui est en revanche troublant, c’est de voir à quel point Free, qui est pourtant L’acteur majeur de l’innovation dans le domaine de l’accès web en France depuis facilement quinze ans, reste marginalisé par les pouvoirs français. En effet, aussi bien politiquement (on sent souvient de la fameuse phrase sur l’homme du peep-show) qu’économiquement, on sent bien nos vieilles élites gauloises tout ébouriffées par celui qu’on a coutume d’appeler le trublion de l’internet. Pourtant, il s’agit d’une entreprise innovante, non ? Une entreprise qui semble par ailleurs réussir à bien mener sa barque. Alors d’où vient cette antipathie ? De la jalousie ? Du patron qui n’est ni enarque, ni polytechnicien, ni marqué du sceau des grands fonctionnaires lécheurs de bottes ?
Bah, ça n’est après tout pas bien grave, en fait.

Circonstances spéciales

La semaine dernière, j'ai pas mal glosé sur Wikileaks et le combat actuel entre les anciens et les modernes.
Parmi ces modernes, j'en ai (re)trouvé un assez étonnant : Anonymous, ou plutôt Anon Ops, sa "branche" politique.
Tout cela me rappelle plus que furieusement la Culture de Iain M Banks (voir également son site personnel), une civilisation pan-galactique plutôt anarchiste, où on vit et meurt un peu à sa convenance, sous l'oeil bienveillant des Mentaux, des intelligences artificielles cyclopéennes.
Qu je vous explique.
Au sein de cette civilisation, il est possible de passer sa vie à … je ne sais pas moi, honorer la mémoire des soldats d'une guerre oubliée, ou devenir un champion de jeux divers et variés. Il est également possible de se mettre, de manière informelle, bien sûr, au service de la Culture et de son "bras armé" (bien que les choses ne soient clairement pas aussi simples que ça : il n'y a pas réellement d'organisation forte, et on peut y entrer et en sortir à son bon vouloir … ou presque, tant qu'on est citoyen de la Culture). Ce bras armé s'appelle Circonstances spéciales, et est "un service" dépendant de Contact, la "division" de la Culture s'occupant du contact avec les autres civilisations. Je mets des guillemets partout, parce qu'à chaque fois, les choses sont loin d'être aussi simplistes que des concepts identifiables. on est plutôt là dans une sorte de flou artistique.
Donc, Circonstances spéciales existe à peu prés, et s'occupe plus ou moins de diplomatie et des choses moins transparentes y afférant. C'est un ensemble d'individus auto-organisés et motivés pour dépendre les intérêts de cette Culture qu'ils aiment. Chaque individu de La Culture pourrait en fait faire partie de ces Circonstances Spéciales, sans que ses connaissances en soient au courant.
Je trouve la ressemblance entre ce groupe et les Anonymous plus que saisissante : bien qu'on n'ait pas à notre disposition de drones, on a déjà des mouvements populaires (ou presque) mettant en oeuvre des moyens de combat informatique digne d'états souverains (et utilisés …. récemment).
Tout ça pour quoi ?
Eh bien pour deux choses
  1. Plus que jamais, il est clair que la science-fiction est la meilleure littérature pour appréhender, socialement et techniquement, le monde contemporain. regardez autour de vous : vous avez un téléphone portable ? Le communicateur de Star Trek n'est pas loin. Vous avez une prothèse auditive (genre un implant cochlçaire) ou même une prothèse de hanche (voire, comme c'est le cas de Jean-Michel Billaut, de membre – qu'il me pardonne si il n'a pas l'impression que je l'honore, c'est pourtant le cas) ? Vous aurez du mal à ne pas être l'incarnation la plus typique du cyborg.
  2. Comprendre un mouvement comme Anonymous, en gardant les schémas d'organisation analogique, est impossible : c'est un groupe sans tête, à peu prés aussi perméable qu'un blob, ou qu'une moussaka géante. Typiquement, je vois mal un service d'espionnage quelconque infiltrer Anonymous, sachant que ça n'est en fait que des gens qui discutent sur un forum …
Quand je vous disais que Wikileaks était sur la lèvre d'une déferlante qui va nous retomber dessus …
En fait, la seule chose qui peut sauver le monde analogique maintenant, ce serait la fin immédiate de la civilisation occidentale qu'on connaît : plus de pétrole (pour se déplacer, et produire nos gadgets en plastique), plus de communications gratuites, bien sûr, plus d'internet. Bon, évidement, sans ça, la civilisation centralisée tombera aussitôt, mais c'est le prix à payer pour tuer le progrès. Cela dit, ça a déjà été évoqué dans d'innombrables romans et nouvelles de SF. Et croyez-moi, maintenir le statu quo, ça n'est pas vraiment facile … (voir par exemple la nouvelle Toucher le Ciel, dans Kirinyaga)

Hadopi a été adoptée

Je pourrais, bien sûr, me lamenter comme tout le monde sur la perte de liberté des téléchargeurs pirates (dont j’ai fait aprtie dans le passé).

Je pourrais aussi (peut-étre même plus encore, en fait) me lamenter sur la courte vue des décideurs franéais et faire un paralléle édifiant avec Google books et la bibliothèque nationale, mais Jean-Michel Billaut en parlait bien mieux que moi à l’époque.

Je préfére voir les points positifs :

  1. Les gens vont sans doute se remettre à s’échanger des fichiers de la main à la main, via des clés USB pleines de virus. C’est pas très bon pour nos PCs, mais je trouve rafraéchissant de voir tout ce progrés nous amener à échanger des trucs physiques plus simplement que par la magie des tuyaux du web.
  2. Les systémes d’échange de fichier P2P intégralement cryptés ont de très, très beaux jours devant eux. J’avais par exemple abandonné très vite freenet il y a quelques années, mais ce genre de loi est ce qu’il faut pour lui donner un coup de fouet. Et j’imagine qu’i2p a lui aussi de beaux jours devant eux. La seule chose qui me gêne, d’ailleurs, c’est que pour faire tourner ce genre de machins sur mon dns323, il va falloir que je lui flanque une JVM, et donc que j’en trouve une valable pour son architecture …
  3. Cette loi ne tiendra pas mieux que DADVSI : elle a manifestement été rédigée par des gens ignorant du caractère fondamentalement anarchique et bouillonant du web. D’après ce que j’ai vu, elle n’entrerait en application qu’en 2011. D’ici là, il ne fait pour moi aucun doute que tout l’internet franéais aura trouvé les moyens de lui barrer la route avec efficacité, humour, et une mauvaise foi « so french ».

Bref, c’est encore une fois la querelle des anciens et des modernes, dans laquelle les anciens tentent d’interdire, là où les modernes innovent.

Pour finir, jevais vous parler de ma vie (le seul sujet qui compte réellement sur ce blog, en fait). Par idéologie, j’ai décidé de ne pas investir dans un lecteur BluRay, pour une raison très simple : ma freebox propose un ensemble de services VOD et, à mon avis, d’ici à ce que la location de films en haute définition me coûte autant qu’un lecteur BluRay, sans encombrer autre chose que ma facture free, il y aura un sacré moment. Oui, je sais, la qualité est nettement inférieure … aujourd’hui. Encore une fois, je n’ai aucun doute sur la possibilité d’avoir bientôt dans ma freebox des films en full HD qui m’attendent le soir quand je rentre.

anti-internet, le mème à la mode

Depuis quelque jour, j’ai l’impression que le mouvement de remise au pas d’internet est sur toutes les bouches.
Entre les lois hadopi et consors, les dénonciations régulières de sites web plus ou moins tirées par les cheveux (et surtout plus ou moins noyautées par des groupes de pression divers et variés – etous utilisateurs du même internet, du reste), les faits divers de bon goût, j’ai vraiment l’impression que le mème « internet c’est mal » fleurit sur toutes les bouches.
Oh, je sais bien que tout ça est le fruit d’une méthode « journalistique » régulière pour faire de l’argent (pardon, je voulais évidement dire « de l’audience »). Mais, je trouve comme d’habitude bizarre que les principes de précaution et autres habillages modernes du luddisme s’attaquent à une cible aussi vaste, floue et mobile que le web.
Boarf, on verra bien mais, comme le disait quelqu’un qui voulait voir le côté positif des choses, tout ça ne servira qu’à une chose : démocratiser tor en France.

 

 

via L’actu en patates de vidberg le 20/03/09

 

084-internet.1237544984.jpg

Internet

utiliser ce dessin

Pour fêter tout cela, le premier salon de l’internet ouvre ses portes aujourd’hui.

À VOIR sur le net : le site du salon de l’internet