Changement de cap

Souvenez vous de l’article Cap sur 2015

Celui-ci en est une suite directe.

Il y a deux ans, j’avais donc décidé de tenter de travailler dans cet énorme multinationale. J’espérais y découvrir des choses …

  • Comment travailler sur des gros projets
  • Comment être efficace dans des organisations complexes
  • Comment discuter avec des clients du CAC40, ou semi-publics
  • Comment faire avancer des projets d’entreprise

J’ai découvert tout ça, et bien plus.

Je ne vais pas détailler tout ça publiquement. Si vous voulez plus de détails, je pourrais vous en donner de façon plus personnelle.

Toujours est-il qu’au bout de deux ans, même si je suis loin d’avoir fait le tour de l’entreprise, j’ai au moins compris une chose, grâce à ce dessin de XKCD

settling

Je dois bien admettre que prendre une décision de travail sur la base d’un dessin peut sembler ridicule … mais il s’agit plus d’un déclencheur que d’autre chose. Un déclencheur qui a bien aidé certaines personnes à me placer dans une orbite plus incertaine, mais aussi plus excitante.

En effet, je rejoins dès mardi Zenika, pour continuer à y fournir mes services de développeur Java un peu expérimenté et d’architecte … un peu moins expérimenté.

Pourquoi ?

Parce que je vais au chtijug très régulièrement, et que Zenika en est un sponsor depuis un moment.

Parce que j’ai vraiment beaucoup aimé aller à DevoxxFr, et que Zenika en est également un sponsor.

Parce qu’au-delà de ça, un certain nombre de consultants Zenika contribuent à l’open-source.

Autrement dit, parce que je me sens plus aligné avec les valeurs de Zenika.

Une nouvelle aventure, donc, dont je ne sais pas encore où elle me mènera.

En tout cas, elle évitera que je me retrouve propulsé au management

dt170216

Ca me fait le même effet

Ou, pire encore, que je me retrouve coincé dans la matrice des buzzwords

index

Et en terme de réalignement des objectifs sur les deadlines, croyez-moi, c’est pas une bonne idée.

Sincèrement, j’espère éviter ça chez Zenika … A moins que je ne le souhaite d’une façon obscure.

En tout cas, une chose est sûre, la nouveauté m’attend dès mardi !

Publicités

J’ai intégré la cohésion interne

Je vous ai déja parlé de Cleer ? Non ?En fait, si, mais pas beaucoup …

Sachez que c’est un excellent roman qui explore la science-fiction dans un contexte aussi inattendu que moderne.

Et sachez également que ce roman raconte comment les deux personnages principaux montent les échelons de la cohésion interne, un mystérieux service chargé de … rectifier les erreur, quelles qu’elles soient.

Eh bien ces temps-ci, j’ai l’impression de rentrer dans le même genre de processus. Bon, je vais avoir du mal à ne pas détailler … Cela dit, sachez que je commence à utiliser des outils louches, comme Archi, yEd (juste parce que je ne veux pas utiliser Visio) et, malheureusement, beaucoup de PowerPoint …

Arrêter de rêver, le plein emploi ne reviendra pas !

Vous les entendez, les annonces du chiffre du chômage, qui nous montrent que, malgré « l’action du gouvernement », il y a de plus en plus de demandeurs d’emploi ?

Vous les entendez, ces gens qui annoncent qu’ils ont « tout perdu » parce qu’ils ont perdu leur emploi (pour l’avoir vécu plusieurs fois, c’est effectivement une situation difficile) ?

Eh bien préparez-vous à les entendre encore et encore … Parce que la première victime du progrès technologique, c’est l’emploi.

Je vais prendre quelques exemples … frappants.

Qui menace le plus l’emploi des taxis ? Les VTC ? NON. Les voitures autonomes, oui. Parce que pour un chauffeur de taxi, devenir VTC, c’est juste un pas de coté. Mais quand son concurrent sera une voiture sans chauffeur et sans accident, que fera-t-il ? Demander au gouvernement d’interdire un équipement qui sauvera des milliers de vies chaque année ? Ca passera assez mal, il faut le reconnaître. Bon, à ce moment-là, il pourra compter sur les chauffeurs de poids-lourds menacés par le même danger, évidement.

Mais allons plus loin …

Regardez cet étrange graphique de McKinsey

2016-01-28 13_15_11-Automation potential and wages for US jobs - McKinsey Global Institute _ Tableau

Plus la bulle est haute dans le graphique, plus l’emploi a des chances d’être automatisable prochainement.

Du coup, on peut quasiment en tirer une liste d’emplois menacés :

  • Tous les travailleurs à la chaine, évidement
  • Toutes les personnes qui conduisent des véhicules, quels qu’ils soient (donc les pilotes de ligne sont aussi menacés que les chauffeurs poids-lourd longue distance)

Du coup, lutter contre le chômage, est-ce que ça n’est pas vain ? Surtout quand, comme n’importe quel gouvernement moderne, on n’a en fait aucune espèce de moyen d’action.

C’est vrai, après tout. De quels moyens dispose le gouvernement pour « créer de l’emploi » ? Les expériences de ces dix dernières années ont montré qu’il n’y en avait aucun :

  • Les exonérations de charge diverses n’ont permis que d’augmenter les dividendes versés
  • Les 35 heures ont abouti au même résultat

Bref, aucun cadeau fiscal n’a aidé.

Et les initiatives (comme le(s) cloud(s) souverain(s)) ont eu de ce point de vue un effet pitoyablement mauvais : dépenser des centaines de millions d’euros pour créer une centaine d’emplois, ça n’est pas vraiment un bon résultat.

Autrement dit, lutter contre le chômage est une lutte vaine (parce que le gouvernement n’a pas de moyen d’action) et perdue d’avance (parce que le progrès technologique avance trop vite pour des fonctionnaires aux modes de pensée dépassés).

Alors quoi ? Abandonner ?

Pas forcément.

Réorienter la lutte, peut-être : construire une civilisation du post-travail. Ce que montre le schéma de McKinsey, c’est que les activités automatisables seront automatisées lorsque ce sera rentable. Du coup, il vaut peut-être mieux s’orienter vers les activités non automatisables : la création. Faire de nos enfants des créateurs, que ce soit dans l’industrie, l’art, la science, fera d’eux des personnes non remplaçables par des robots. Bien sûr, ils n’auront pas forcément de travail en tant que tel, mais je crois que cette vision (du travail en tant qu’épanouissement) est dépassée.

 

Cap sur 2015

J’ai cet article dans mes brouillons depuis près d’un mois … et 2015 se rapproche inexorablement, et avec ce changement d’années d’autres changements se profilent.

Bref, vous vous souvenez qu’il y a un an, mon employeur avait déposé le bilan, puis avait été partiellement repris, et moi avec.

Qui dit reprise dit nouvelle direction, et donc nouvelle stratégie. je n’entrerais pas dans les détails de cette nouvelle stratégie, parce que ce blog n’est pas le bon endroit pour en discuter. Je me bornerais à dire que, comme quand c’est arrivé il y a 14 ans chez Miriad Technologies (à une époque où je n’avais pas encore de blog – et où le mot n’existait d’ailleurs même pas), la nouvelle stratégie n’avait pas vraiment de place pour moi, ce que j’ai compris avant qu’il faille en parler clairement.

J’ai donc pris la décission d’aller voir ailleurs si j’y serais.

Oh, pas très loin.

Mais alors vraiment pas loin, puisque je vais retourner dans le temple de Lille is French Tech : Euratechnologies. Et plus précisément, je vais aller chez Cap Gemini.

Quoi ?

Ca vous fait bizarre parce que j’ai toujours affirmé une relation plus qu’ambivalente vis-à-vis des marchands de viande ?

C’est vrai.

Mais mes discussions m’ont conduit à un poste qui ne m’emmènera pas forcément en représentation technico-commerciale permanente chez les clients.Et d’autres raisons, beaucoup moins palpables, me font penser qu’il pourrait s’agir d’un emploi bien plus intéressant que ce que je peux en penser. Bref, j’yv ais, parce que je suis intrigué, et un peu effrayé, de voir ce qui peut se passer dans l’une des incarnations les plus limpides de Cleer …Et puis ce changement va me permettre de faire un bilan de ces cinq dernières années.

Dépôt de bilan, ça craint … vraiment

J’en avais déja parlé lors de l’annonce du dépôt de bilan.

Voici donc, comme promis, la suite des déprimantes aventures de ce dépôt.

Comme prévu, il y a eu plusieurs candidats au rachat (parce que vous savez bien évidement qu’il est possible de racheter – même partiellement – une entreprise déposant le bilan). Certains sérieux, d’autres moins. Certains naïfs, d’autres matois et particulièrement – et même exceptionnellement, ej trouve – habiles au jeu de poker que consiste la mise aux enchères d’une entreprise dans ce cadre particulier.

A l’heure où j’écris ces lignes, les activités de mon entreprise ont donc été rachetées.

Et sur les 25 salariés initiaux, seuls 15 seront repris (mais, magie du droit français, on ne sait toujours pas qui part, qui reste). C’est ce sujet qui fait actuellement tout le sel de la chose.

Imaginez qu’on sait déja qui est notre repreneur, mais

  • Le projet d’entreprise est encore inconnu
  • Sauf exception, aucun des salariés ne sait s’il est repris ou pas

Autrement dit, une décision a été prise, mais elle n’est pas encore appliquée.

Il y a dix de ça, j’aid éja été dans une situation proche : je travaillais dans une filliale française d’un groupe anglais et un beau jour, tout a fermé. J’étais alors serein. Aujourd’hui, ne sachant pas quel est le futur projet d’entreprise, je ne le suis pas du tout. D’autant plus que les gens pressentis pour quitter Perigee sont, à mon sens, ses meilleurs éléments (oui, je n’en fais pas partie).

Donc le moral est bas, voire très bas … Cela dit, ça ne devrait pas durer.

Le dépôt de bilan, ça craint

Eh oui, parce qu’à trop tirer le diable par la queue, on se fait mordre.

Donc l’entreprise dans laquelle je travaille actuellement se trouve maintenant en dépôt de bilan.

Je ne peux pas dire que ce soit une bonne nouvelle.

Voyez-vous, j’ai travaillé dans un certain nombre d’entreprises différentes. Et si certaines étaient exceptionnellement chouettes, par le projet ou par les personnes qui y travaillent, je dois dire que mon expérience chez Perigee m’a ouvert les yeux sur d’autres réalités. Mon chef dirait que j’ai – un peu – levé les yeux du code. Et c’est vrai. J’arrive à voir comment les décisions s’articulent avec bien plus d’acuité que je n’ai jamais pu le faire. Et ce dépôt de bilan, s’il faisait partie des avenirs possibles de l’entreprise dès mon arrivée (ou presque – ou tout au moins de façon cachée), m’a paru et à je pense paru être pour les personnes arrivées après moi comme une espèce de challenge un peu fou à relever : « pas cap’ d’arriver dans une boîte qui coule et de la sortir de là ».

Une belle idée.

Une très belle idée, en fait.

Quand j’étais jeune, j’ai lu un bouquin marquant chez mon grand père qui parlait d’aviateurs de la seconde guerre mondiale et de leurs exploits aériens insensés. J’avais à l’époque 8 ans, l’âge auquel on ne sait pas encore que la guerre est une boucherie innommable et où on prend donc une espèce de plaisir particulièrement épique aux faits d’armes. Dans ce livre, une citation m’avait marqué.

Trop peu, trop tard

C’est une phrase que les aviateurs anglais employaient il me semble au début de la bataille d’Angleterre, quand ils étaient clairement dépassés par le nombre des avions allemands.

Cette phrase, je pourrais l’employer à propos de Périgee. Quand enfin l’entreprise a trouvé une organisation permettant éventuellement de sortir un logiciel, c’était trop peu, trop tard. Et du coup nous voici à l’heure du dépôt de bilan. Notez bien que je ne vais pas spécialement me plaindre de mon sort (même si je ne vais pas pour autant me mettre dans le même sac que tous les licenciés de France et du Monde). Non. Un dépôt de bilan, c’est avant tout le moment idéal pour une phase d’introspection, comme le feraient des agilistes lors de la réunion de rétrospective de sprint.

Posons donc les questions utiles

Qu’est-ce qui a bien marché ?

  • La place d’architecte/lead developper me plaît bien : avoir la capacité de faire mûrir des idées qui ne sont pas forcément les miennes pour les transformer en du code qui marche, c’est vraiment chouette.
  • J’ai eu la chance (un peu aidée, il est vrai, par mon insistance) de pouvoir travailler sur un projet open-source personnel pendant mon temps de travail (essentiellement parce qu’il a remplacé au pied levé une brique pourrie de notre pile – entendons-ous bien : pourrie dans notre contexte, c’est-à-dire en stockant les données dans neo4j). Et ça, c’est vraiment une chance au sens où j’ai pu utiliser ce projet pour tester un certain nombre de choses (Cloudbees, GitHub, les SAM-interfaces pour Java8, …)
  • J’ai également réussi à mettre en place des outils d’intégration continue compilant et packagant notre application, malgré sa complexité (merci maven, même s’il est moche, il faut quand même voir qu’il y a des moments o il est juste indispensable). Mon regret ? Ne pas avoir eu le temps d’installer de tests d’interface Flex avec Sikuli (trop peu, trop tard).

Qu’est-ce qui n’a pas bien marché ?

  • Mon arrivée dans cette entreprise a été un désastre. Je ne m’attendais pas à cette situation initiale, et je pense qu’il y a eu au mieux une incompréhension forte, au pire un mensonge du recruteur. Ca m’apprendra à ne pas insister quand la définition du poste est un peu flou.
  • Le developper onboarding sur notre application n’a pas été assez travaillé, et on en a payé le prix pendant trois ans. A ma décharge, je ne pensais pas devoir lancer dans le monde de JavaEE des profils aussi variés. Ca n’a pas bien marché, et je reconnais bien volontiers que c’était mon erreur.

Qu’est-ce que je peux améliorer ?

  • Un truc tout con : pour faire de l’agile, utiliser cinq outils, c’est juste idiot. je vais préciser un peu : on utilise Scrumwise pour le backlog, Google Drive pour les specs, Mantis pour les bugs, Google Spreadsheet pour donner d ela visibilité aux bugfixes …
  • Clairement, je dois travailler sur mes attentes concernant mon futur poste. Qu’est-ce que je veux ? Avec qui ? Dans quelles conditions ? J’ai l’impression que ce truc du triangle of happiness vu récement sur Lifehacker pourrait m’aider, mais je dois encore fouiller …

 

Swing switcher

Bon, faut que je vous le dise, quand même. Ca fait deux semaines que j’ai changé de job. Pas bien compliqué comme idée, hein ? Sauf que j’ai abandonné la sécurité un peu molle des grosses SSII pour retourner chez les fous. Bon, je ne vous expliquerai pas en détail tout ce que je peux avoir de griefs contre mon ancien employeur (la liste serait trop longue, inintéressante, et susceptible de me valoir des poursuites (Je me connais, j’ai un peu tendance à me laisser aller, de temps en temps.)). Le seul truc, c’est que je suis rudement content d’être parti chez IT-Finance, allez donc voir chez nous, on est aussi responsables de ProRealTime, une plateforme pour chartistes fous. J’en suis rudement content parce que j’ai abandonné le JEE pour revenir au vrai Java, qui commence par S et fait Swing. Parce que les gens qui sont là-bas sont tous des dingues. Et surtout parce que du boulot, il y en a à la pelle. Et moi, à l’idée de bosser dans un domaine difficilement compréhensible, avec la responsabilité de la survie de la boîte sur mes épaules, j’imagine que ça doit satisfaire ma mégalomanie. En tout cas, bizarrement, depuis ce changement d’emploi, j’ai le cerveau qui pétille d’idées toutes plus dingues les unes que les autres, des idées qui d’ailleurs se diffusent au-delà du simple code Java (Encore que dans ce cas bien précis, parler de code simple est très loin de la réalité.).Du cooup, je suis redevenu un développeur heureux. Et ça, c’est bien.