La pop-culture informatique ?

Là, vous vous dites WAT ?, comme moi.

Et vous avez tord. je ne vais pas vous parler de cet excellent lightning talk sur Javascript, même si je devrais.

Non, je vais plutôt vous parler de cet article au sujet du reactive manifesto : the reactive manfiesto is not even wrong !

Le titre est pas mal trouvé, mais la perle se trouve quelque part dans le contenu … ici, pour être précis :

No, the reactive manifesto is a piece of pop culture, which I mean in the sense used by Alan Kay:

Computing spread out much, much faster than educating unsophisticated people can happen. In the last 25 years or so, we actually got something like a pop culture, similar to what happened when television came on the scene and some of its inventors thought it would be a way of getting Shakespeare to the masses. But they forgot that you have to be more sophisticated and have more perspective to understand Shakespeare. What television was able to do was to capture people as they were. So I think the lack of a real computer science today, and the lack of real software engineering today, is partly due to this pop culture.

Ca m’a fait bien réfléchir …

L’auteur y dit donc que les développements informatiques vont plus vite qu’on ne peut former les gens, et qu’il est donc « normal » de voir apparaître une forme de culture informatique non fondée sur la connaissance directe et l’expérimentation, mais sur une forme de culture et de mode. Parce que bon, par exemple, la programmation réactive n’est qu’une réinvention de la programmation événementielle. Et le vocabulaire désormais utilisé pour parler des nouveaux frameworks/langages/outils emprunte clairement au monde de la mode : c’est tendance, ça buzze, …

Est-ce que je veux dire par là qu’utiliser node.js pour faire un client git est une connerie quand on peut le faire en AIR/Qt/JavaFX ? Par exemple, oui.

Est-ce que je veux dire par là qu’aucune de ces technologies nvoatrices n’a d’intérêt ? Je vais faire le vieux et répondre qu’il vaut mieux attendre que l’agitation s’appaise un peu pour commencer à évaluer sereinement un produit. Autrement dit, suivre les tendances, c’est bien pour se faire mousser, par contre ça risque d’être facilement épuisant.

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Ah, ce Yann !

Dans le dernier message, je parlais de démiurge virtuel.
Mais le terme n’était pas forcément le meilleur. Yann Minh, qui en parlait récemment dans sa nooradio, lui préfère celui de narcose narcissique. Et je trouve le terme parfaitement correct. Parfaitement correct parce que l’effet d’un jeu vidéo, n’importe lequel, est clairement hallucinant.

D’ailleurs, ça me rappelle un truc (et là, je vais la jouer comme Yann).

Vous connaissez le botox ? Ben oui, vous le connaissez.
Vous savez comment ça marche ? Ben oui, vous savez : c’est un paralysant musculaire qui agit de deux façons sur les muscles paralysés (et donc su les rides) :

  1. En paralysant le muscle, il diminue immédiatement la profondeur des rides l’entourant
  2. En paralysant durablement le muscle (parce qu’une injection suffit à paralyser le muscle pendant quelques mois), il diminue la masse musculaire. Et, du coup, atténue la ride.

Bon, tout ça, c’est de notoriété publique.

Ce qui l’est moins, c’est que la paralysie musculaire s’accompagne de l’incapacité de ressentir l’émotion associée, mais aussi de celle de percevoir l’émotion vraie chez quelqu’un d’autre. On m’a même suggéré il y a peu que cela pouvait expliquer les déformations que peuvent subir certains adeptes de chirurgie esthétique. Quel rapport avec le début de ce message et la narcose narcissique ? Comme d’habitude le rapport au corps : Comme l’explique Yann, l’augmentation du corps (qui est plus générique que la simple narcose narcissique), que ce soit par un ordinateur, par une voiture, ou par quoi que ce soit d’autre modifie notre perception de ce qu’est notre propre corps. Du coup, cette perception modifiée peut aussi mener à une modification de ce qu’on se croit capable – ou pas – de faire. Tiens, par exemple, vous avez déjà vu des gens qui font tout en bagnole ? Ceux-à n’imaginent pas pouvoir s’en passer, pas vrai? Pendant longtemps, j’y ai cru. Maintenant … C’est moins clair.

Comme il est moins clair que l’ordinateur diminue ou augmente nos capacités cognitives. C’est vrai ? C’est faux ? Je n’en sais rien.

D’ailleurs, je pense que c’est vrai de tout outil. Tiens, j’écoutais aujourd’hui son émission sur le sacré et le cyberpunk (rigolote, mais peut-être un peu décousue), et à un moment, il évoquait le mythe d’Adam et Eve, et le désir de revenir à une nature pure.

Eh bien voilà ce que je pense. Je pense que le mythe d’Adam, c’est-à-dire le mythe de l’humain originel, est le mythe du passage de l’animal (le paradis) à l’humanité vraie (la mortalité des deux premiers humains, et leur nouvel état de nudité). Quand j’y ai pensé la première fois, ça m’a paru assez malin. Et maintenant que j’y repense, ça me paraît pas seulement malin, mais aussi sacrément cohérent : dans le paradis de l’animalité, le temps ne s’écoule pas – comme il ne s’écoule pas pour les animaux : regardez les lions et les gazelles cohabiter près du marigot pour s’entre-dévorer une heure plus tard – et la nudité n’existe pas plus. Pour l’humain, évidement, tout cela est faux. Et pour ça, je dis merci à Yann, mon guide cybermystique (enfin, guide, je dis ça à moitié pour rire, hein : tout ce qu’il dit est pertinent, mais rien de ce qu’il dit ne me sert dans la vie).

Evidement, dans tous ses épisodes de nooradio, l’un d’eux a une place particulière : celui sur le cybersexe, bien sûr.

Enfin, cybersexe, je ne suis pas sûr que ce soit le vrai sujet.

Le vrai sujet de cet épisode, c’est plutôt « les relations humaines dans la noosphère ». Relations charnelles (ou pas), mensongères (ou pas), libres (ou pas). Il y a plein d echoses à retenir de cet épisode. Je ne retiens pour ma part que l’intervention de … Jennifer ? Jessica ? (la charmante voix accompagnant nos noopilotes) : « Vous ne rêvez pas d’un modne où on puisse être et vivre ce qu’on veut vraiment ? ». Eh bien si, on en rêve tous. Mais c’est aussi difficile que les désirs humains sont contradictoires.

Et c’est la que la cyberculture et le cybersexe aident, comme le montrent très bien cette émission, qui fut un vrai plaisir.

En tout cas, si Yann et Denis souhaitent faire d’autres émissions, surtout, faites-le, c’est vachement bien (même en version radio non augmentée).

Deuil

Cette semaine, l'informatique est en deuil. Pas à cause de Steve Jobs, sur lequel je partage plus l'avis de Richard Stallman que celui de bien des panégyristes.
Non. Cette semaine, Dennis Ritchie est mort.
Admettons que vous ne connaissiez rien à l'informatique.
Pour vous, ce nom ne dira rien. Pourtant, sans celui, j'ai la nette impression qu'une part substantielle de notre univers informatique n'existerait pas.
En effet, Dennis Ritchie est l'un des inventeurs du langage C.
Et ce langage a une place plutôt importante dans l'histoire des langages de programmation.
Sans lui, pas de Java, pas de PHP, pas d'Objective-C (du coup, évidement, pas grand chose pour les iPhones).
A coté de cette invention (déjà remarquable), il est aussi l'un des créateurs d'Unix. Et sans Unix, pas de Mac OS X (puisque pas de BSD qui dérive d'Unix).
Donc, si vous êtes un maqueux fou, vous devez sans doute plus aux authentiques inventions de Dennis Ritchie qu'à l'habile marketting de Steve Jobs.
Et évidement, quelquesoit l'ordinateur, vous devez bien plus à Ritchie qu'é Jobs.
Pourtant, bien peu de gens parleront de cet homme qui a modelé notre environnement d'une manière bien plus durable que le tycoon d'Apple.
Alors pour une fois, j'essaye de rétablir l'équilibre, et je rend hommage à ce grand homme de l'informatique sans lequel nous n'en serions indubitablement pas là.

Scoiological Images

Internet est rempli de tout un tas de trucs stupides, on le sait bien.
Mais Internet est également rempli de sites intriguants et/ou intéressants.
En l’occurence, celui dont je vais vous parler ici entre précisément dans ces deux catégories. Mais je vais faire avant un long aparté.
Comme vous l’avez appris il y a quelques temps, j’ai entamé une lecture difficile il y a deux semaines. Au sein de ce voyage dans la récursion et la logique, l’auteur écrit notamment un chapitre entier sur la philosophie (religion ?) Zen. Chapitre très intéressant qui m’offre une ouverture inattendue sur le thème du jour. En effet, je crois que l’une des premières leçons du Zen, c’est d’apprendre à questionner ses propres questions. Enfin, le but est théoriquement de dé-questionner et d’acepter le monde pour y vivre sans trop tenter de l’interpréter … Enfin je crois. Bref, questionnons nos questions. C’est-à-dire analysons nos processus conscients et, surtout, inconscients. Oui, ça ressemble pas mal au fameux « Connais toi toi-même« .
Et dans ce cadre, Sociological Images est un blog particulièrement utile.
Prenons par exemple cet article sur la perception qu’on a des nus masculins et féminins. Tiens, mieux, faites-en vous-même l’expérience. Regardez dans cet article les photos de Cindy Crawford et Sylvester Stalone. Que ressentez-vous vraiment face à ces photos ? Qu’ai-je ressenti, moi, face à ces photos ? C’est bien simple, j’ai admiré la plastique de Stalone, plus même que celle de Crawford, dont l’image a longtemps été beaucoup plus présente dans mon paysage visuel. Curieux, non ? Et sans doute éclairant sur pas mal de mes processus sous-jacents.
Et c’est bien pour ça que c’est une lecture utile : parce qu’elle nous bouscule dans nos certitudes culturelles inconscientes.

 

PS : le Zen m’a d’ailleurs fait penser à la non-religion évoquée par Ursula Le Guin dans La main gauche de la Nuit. On retrouve dans les deux cas (et aussi, d’ailleurs, dans Gödel Escher et Bach, … , mais sous un angle différent) ce principe qui veut qu’une question n’amène pas à la vérité, mais au contraire découpe l’univers en plusieurs parties, sans pour autant nous permettre de le comprendre plus avant. Et si ça vous rappelle cet article écrit il y a quelques temps sur les frontières fractales de la connaissance et la singularité, j’imagine qu’il n’y a pas de secret : tous ces auteurs, toute cette culture me baigne depuis tellement longtemps que je ne suis plus capable que de ressortir des bribes d’anciennes connaissances déja digérées.

Google Art Project

Dans les multiples initiatives de Google, certaines sont des bonnes idées, d'autres non.
A mon avis, Google Art Project est une bonne idée. Et pour une raison bien simple : elle nous permet d'aller dans des musées où peu d'entre nous mettront les pieds, pour voir des oeuvres qui font pourtant clairement partie du patrimoine de l'humanité, mais qui nous sont hélas difficilement accessibles. Difficilement accessibles parce que, permettez-moi de vous le dire, la reproduction papier de tableaux de maître me donne à chaque fois l'impression de regarder un film Full HD sur un iPod nano : on ne peut pas mettre son nez sur les pigments. Et ça, dans les cas des chefs d'oeuvres classiques, ça peut être très utile pour capturer les détails les plus subtils des oeuvres classiques, ou pour admirer les effets de matières des peintres plus modernes. Bon, évidement, on ne peut pas "voir" les effets de matière déborder de l'épaisseur de l'écran, ce qui est bien dommage. mais en mettant son nez virtuel sur ce tableau virtuel, on peut néanmoins en avoir une assez bonne idée.
On pourra également reprocher à cette initiative deux choses :
  1. D'abord, que le nombre de musées représentés soit assez faible.
  2. Ensuite, et dans le même ordre d'idée, que le nombre d'oeuvres visibles pour chaque musée soit également assez faible.
Cela dit, je prends personnellement ça comme un bon début, qui ne demande qu'à continuer.
Ce que je trouve en revanche plus étrange, c'est que "le plus grand musée du monde" ne soit pas représenté. Mais alors pas du tout. notez bien que d'après certaines sources, ce serait lié à des discussions infructueuses. j'imagine sans mal que le sujet de ces discussions, comme ce fut le cas il y a quelques années pour Google Books et la bibliothèque nationale de France, n'était pas le choix des oeuvres, mais la rétribution des musées … Et là, pour le coup, ça commence à vraiment m'énerver, cette façon typiquement française, à mon sens, de se croire propriétaire de l'image d'une oeuvre juste parce qu'on est propriétaire de l'oeuvre. Je trouve en fait (et il ne s'agit là que d'une interprétation personnelle) que cette attitude ressemble furieusement à celle des collectionneurs privés emmurant les oeuvres dans leur cave. Est-ce la mission des musées que d'empêcher la diffusion de la Culture ? Je ne crois pas.
Est-ce du coup une attitude défendable pour la BNF hier, pour le Louvre aujourd'hui, de refuser que Google (ou un autre) fasse une copie fidéle, et honorant l'original, pour la rendre disponible gratuitement au monde entier ? Je ne crois pas non plus.
Bien sûr, Google est une entreprise marchande visant à mémoriser tout le savoir de notre planète.
Cela dit, un bon partenariat pourrait par exemple consister à ce que Google paye les couts de numérisation, et que le musée récupère une copie du fichier. Non ?
Bah, de toute façon, tout ça, pour reprendre une antienne chére à JM Billaut, ça vient de l'incompréhension totale de nos élites gauloises pour le web. Vivement que ça change, parce que tant que ça ne sera pas le cas, la France restera la cambrousse du web.

La médiathèque de Lomme est fabuleuse

Lé, tout de suite, je devrais vous parler de choses intéressantes. Au lieu de ça, je vais vous parler de ma vie.
Il s’avère que dans ma vie, outre un tas d’autres choses, je suis un gros lecteur. Enfin, je crois. En effet, comme le montre Goodreads, je lis chaque année plus de vingt livres (ce qui apparemment suffit). Et en nombre de pages, c’est encore pire, puisque l’année dernière, par exemple, pour les lectures que j’ai recensées (parce qu’il y en a que j’oublie, comme Voiles et Voiliers, par exemple, ou tout ce que je lis sur le web), on arrive à une moyenne de 62 pages par jour.
C’est évidement un loisir couteux. Il y a cependant une solution simple pour diminuer ce coût : prendre une carte de bibliothèque et y emprunter les livres plutôt que de les acheter. C’est parfois un peu frustrant pour moi, car en plus de lire un bon paquet de livres chaque année, j’en relis, parfois des années plus tard. Et ça, évidement, dans une bibliothèque, c’est moins facile.
Cela dit, on peut avoir du choix. Pas à Hellemmes, hélas, où le rayon qui m’intéresse est plus petit que ma bibliothèque personnelle. Heureusement pour moi, Hellemmes est une commune associée de Lille (un choix que j’ai toujours trouvé malin : le quart des impôts locaux, tous les avantages !). Et comme Lomme, de l’autre coté de Lille, est également commune associée, et qu’il semblerait qu’une forme de transitivité existe, les habitants d’Hellemmes ont accès aux services de Lomme de la même manière que ceux de Lomme. En l’occurrence, j’ai accès à la médiathèque de Lomme. Et lé, c’est autre chose. D’abord, le fond d’ouvrages est incomparablement plus riche. Ensuite, elle dispose d’un site web me permettant de consulter le catalogue et, éventuellement, de réserver des ouvrages. En l’occurrence, je pourrais réserver Mascarade Silésienne, parce que bon, c’est sur ma pile théorique, et il n’est pas en rayon actuellement.
Mais, en fait, ce n’est pas cet ouvrage qui m’a poussé à écrire ce billet aujourd’hui.
Non.
C’est un ouvrage qui m’a été recommandé il y a bien longtemps, quand j’étais encore élève ingénieur, par mon prof d’intelligence artificielle, dont j’avais malheureusement oublié le nom (ne me jetez pas la pierre, ça remonte quand même à dix ans). Il s’agit donc évidement d’un bouquin assez intellectuel. Très, même, puisqu’il s’agit de Godél, Escher et Bach, les brins d’une guirlande éternelle. Et même s’il est assez épais, je l’ai évidement emprunté. Et je crois bien que j’en reparlerai …

Nouveaux monstres

Ce week-end, il ne faisait pas forcément super beau à Lille (juste au moment où j’ai cru croiser un ancien collègue – que je n’ai pas salué car je n’ai pas réussi à déterminer si c’était bien l’alsacien breton – aux abords du zoo de Lille, un petit crachin s’est mis à m’humidifer la nuque). Donc, je suis allé voir avec les enfants l’exposition Nouveaux monstres. Comme à chaque fois, il y avait des oeuvres bien dans le ton, et d’autres beaucoup plus abstraites.
J’ai en particulier été impressioné par
  • Hysterical machines, que je crois avoir déja vu lors de Lille 2004, dans une exposition sur les robots. A moins que ça ne soit lors d’une autre de ces manifestations culturelles … Ou alors c’était en feuilletant l’un des albums photos des utopiales 2006 …
  • Shadow Monsters, qui décore notre humanité d’éléments monstrueux. Celle-là m’a impressioné par l’intégration entre la vidéo, la reconnaissance de forme et la décoration qui en est faite.
  • Dans la tête du monstre, c’est principalement mes enfants qui ont aimé, mais c’était quand même assez chouette.
  • Akousmaflore n’avait à mon sens que peu de rapport avec le monstre, mais était en tout cas une très poétique installation, où notre façon de toucher les plantes crée de la musique.
En tout cas, ça vaut vraiment le coup d’aller faire un tour à St-Sauveur.

autopublicité dérisoire

Depuis des années, je lis de la SF.
Et depuis des années, je partage mes lectures.
Au début, c’était sur http://groups.google.fr/group/fr.rec.arts.sf/topicsfras. Et, avec la déliquescence de usenet, la fréquentation sur fras a décliné. Longtemps, je me suis demandé en arrière-plan où pourrais-je aller balancer mes chroniques mal écrites. On m’avait proposé un moment de collaborer à noosfere. Hélas, l’exigence (que je salue) de mes correcteurs était trop haute pour le temps dont je disposais.
Je me suis aussi demandé si je n’allais pas simplement migrer vers l’un des multiples forums web de SF, mais je suis définitivement un dinosaure, adepte passionné de la clarté d’usenet. Donc, je n’ai jamais migré.
Et puis, il y a deux semaines, j’ai reçu une proposition de participation à murmures.
Personne ne me demande d’améliorer ma prose.
Personne ne semble même me lire.
Mais c’est pas grave : mes chroniques ont une visibilité bien supérieur à ce que fras et goodreads peuvent leur offrir, et c’est tout ce qui compte.
Bon, il y a sans doute une bonne dose d’égotisme à cette façon de rendre mes écrits visibles, mais est-ce si important ?

Dazibao numérique

C’est vraiment une drôle d’idée, à laquelle je ne risque pas de souscrire (j’ai beaucoup trop d’ego pour m’oublier dans un collectivisme comme celui-là).
Néanmoins, je suis suffisamment intrigué par ce Mur ouvert pour vous en parler.
En effet, par certains aspects (les meilleurs, en fait), ça me rappelle twitter ou jaiku. On y retrouve la même instantanéité, le même besoin d’identité, mais cette fois sans son corollaire : l’estime de soi. Parce que bon, sur ce mur, les messages sont par définition anonymes, il n’est du coup pas possible d’y vendre son identité numérique. C’est peut-être la limite du gadget.
Et encore, je n’en suis pas sûr. Parce qu’à l’instar des stratégies obliques de Brian Eno, ce truc peut donner une bonne idée d’une espèce de zeitgest : un esprit du moment qui évoluerait sans doute assez vite, serait un charabia digne de Babel, mais aurait toujours la capacité de contenir éventuellement quelque chose de l’instant présent.
Bref, ça me rend dubitatif …