Ne vous trompez pas : votez … ou pas

Donc, la France a choisi ses candidats pour le second tour de l’élection présidentielle.

Avant d’aller plus loin, un petit rappel : le président de la république est, comme tout le monde le sait, plus une figure de proue qu’autre chose. Allez voir par exemple la page wikipedia précisant ses fonctions. Clairement, lorsque les candidats à l’élection ont présenté leur « programme », ils ont présenté le programme qu’ils espéraient faire adopter si le gouvernement et l’assemblée nationale étaient les leurs. N’étant ni analyste politique, ni voyante, ni voyageur du temps revenu du futur, je suis incapable de comprendre comment les deux candidats actuels dégageront une majorité parlementaire à l’issue des élections législatives prochaines : l’une a un parti qui sent trop le facisme pour espérer avoir une majorité « fiable » (sauf en mangeant littéralement toutes les circonscriptions « Les républicains ») l’autre n’a actuellement aucun élu à son nom à l’assemblée nationale.

Du coup, quel sera leur rôle ? A priori, il s’agit de représenter la France à l’étranger. Et de ce point de vue-là, je préfère encore être représenté par un banquier d’affaire mondialiste que par une proto-faciste anti-européenne (A toutes fins utiles, je rappelle que la CEE a avant tout permis une chose unique : 60 ans de paix continue entre ses membres, ce qui est, il me semble, assez exceptionnel pour le continent ayant fait progresser le plus le concept de guerre). Au-delà de ça, je me range à cette opinion, vue sur Twitter.

Développeurs, il est temps de changer le monde !

A la suite de mon article précédent, j’ai réfléchi (un peu).

Et plusieurs idées ce sont assemblées dans ma tête. Je vais essayer de les articuler correctement, mais ça n’est pas si facile …

Vous vous souvenez de la matinée sur le rôle social du développeur à Devoxx ce printemps ? Non ? Dans ce cas-là, j’en ai parlé :

Et je vous invite à relire ces articles pour bien comprendre de quoi il s’agit. L’idée que j’ai tiré, sans originalité, il est vrai, de ces quatre conférences, c’est que la révolution industrielle de l’informatique va changer la donne, comme les précédentes. Pour mémoire, la révolution de l’imprimerie n’a pas vraiment été une bonne chose pour les moines copistes.

Il est déjà évident que la plupart des tâches pilotées par des workflows sont maintenant totalement définies par l’ordinateur (pensez par exemple aux centres d’appels, à la gestion des interventions des grandes entreprises, les remboursements de notes de frais, …).

Mais d’autres domaines vont bientôt tomber dans l’escarcelle des informaticiens : la bancassurance, la médecine. Le plus important étant évidement l’implémentation de la loi. En effet, si la loi est implémentée par du code (c’est le cas du code des impôts, par exemple), ce n’est plus vraiment le politicien qui choisit comme l’impôt est prélevé, mais le code écrit par un informaticien, quand bien même c’est un sous-traitant d’une grosse SSII en contrat avec le gouvernement.

Or actuellement, nos représentants politiques (députés, maires, ministres), sont là pour … nous représenter, parce que leur connaissance de la loi est plus grande, parce qu’ils sont des personnes clé.

En conséquence, on retrouve par exemple dans l’assemblée nationale (je ne retrouve plus les statistiques que j’avais pu consulter il y a quelques années)

  • des avocats
  • des notaires
  • des médecins
  • des fonctionnaires (je sais, ça n’est pas un métier, mais un statut), au premier rang desquels une palanquée d’inspecteurs des impôts.
  • et un agriculteur

Est-ce qu’il y a des informaticiens dans le tas ? je ne crois pas, non.

Est-ce qu’il y a des gens qui comprennent ce qu’est réellement la révolution numérique ? Je suis à peu près certain que non.

Alors ?

Qu’est-ce qu’il faut faire ?

Vous vous doutez bien de la terrible réponse que je vais apporter : nous, les pionniers du digital, devons trouver des représentants, des champions, et les aider à prendre des responsabilités politiques, pour éviter que les politiques ne décident un jour que toutes ces histoires d’ordinateurs sont décidément trop dangereuses pour leur pouvoir, ce qui arrivera forcément.

Les politiciens professionnels ont fucked-up ma démocratie

Le titre est inspiré d’un excellent talk de Quentin Adam, petit entrepreneur du web désabusé par la gestion comptable de l’informatique d’entreprise.

Et personnellement, ce ne sont pas les comptables qui me gênent le plus.

Non.

Ce qui me gène, ces temps-ci, c’est de voir des femmes et des hommes politiques baser leur prochaine élection (qu’elle soit présidentielle ou législative) sur une tenue de bain.

Ce qui me gène, ces temps-ci, c’est de constater que le calcul politicien se base et attise la peur terroriste.

Ce qui me gène, ces temps-ci, c’est de voir des délinquants multi-récidivistes tenter d’obtenir de mon vote une immunité à la Koh-Lanta valable juste 5 ans, en attendant que leurs responsabilités dans des crimes de guerre soit établie.

En conséquence, je décide ici qu’aucun parti n’appelant à la haine de l’autre, sous quelque forme que ce soit, n’aura mon vote.

Qu’il s’agisse de supprimer les menus de substitution, de condamner le port d’un vêtement, fût-il le niqab, de fustiger les prières de rues de quelque religion que ce soit, de menacer des lieux de culte, aucun parti n’agissant ici n’aura ma voix.Et franchement, je vous encourage à bien réfléchir aux gens que vous soutiendrez. Est-ce que ceux que vous soutiendrez voudront toujours de la France telle qu’elle est ?Est-ce que la liberté de tous et de chacun de vivre, croire, aimer, sera leur priorité ?Est-ce que l’égalité des femmes, des hommes, quelque soit leur origine, quelque soit leur croyance, quelque soit leur mode de vie, quelque soit leur richesse, sera leur aspiration ?Est-ce que la fraternité, le respect, l’envie d’aider, sera leur but ?Si vous ne le croyez pas, ils ne détruirons pas seuls la France. Vous serez leurs complices.Et je ne sais pas si c’est votre cas, mais en tout cas, je ne veux pas en être complice.Sans doute que tout cela me rendra spectateur de la prochaine élection. Spectateur malheureux, bien sûr. Mais je préfère encore ne pas voter, que de trahir le sens même du vote.

La France en déreliction

Alors là je vous calme avec mon mot inconnu. Je vous laisse chercher

Donc, j’étais en vacances pendant trois semaines, avec comme seule connexion avec le monde une bonne vieille radio FM.

Et, pendant ces vacances, la France a connu quelques drames :

  • un camion fou conduit par un déséquilibré manifeste a tué une centaine de personnes lors du 14 juillet à Nice
  • Et un meurtre odieux commis dans une église

Pour être bien clair, et je crois l’avoir déjà écrit ici, la violence, le meurtre, sont des actes ignobles, quels que soient ceux qui les commettent (et j’inclus dedans les policiers incapables de refréner leurs pulsions homicides)

Ces deux actes ont reçu de nos élites politico-médiatiques la même qualification d’actes terroristes, dont les musulmans devaient se désolidariser blablabla.

Agir localement

Mais, avant d’aller plus loin, deux observations troublantes

  1. Ces actes ont été commis alors que l’état d’urgence était en cours
  2. L' »attentat » du 14 juillet a eu lieu dans une ville largement surveillée par des caméras de vidéo-protection (le néologisme est dans ce cadre particulièrement désastreux)

Quelles réponses pratiques nous propose-t-on ?

  1. Reconduire l’état d’urgence qui a prouvé son inefficacité
  2. Continuer à installer des caméras

Oh, et bien sûr, les enquêtes administratives démontreront qu’aucun service policier ou de renseignement n’a failli à sa mission.

De mon point de vue, les actions proposées par le personnel politique montre immédiatement leur manque total d’imagination et d’adaptation : ces mesures ne marchent pas du tout, alors pourquoi les conserver ?

Penser globalement

Et quelle réponse sur le long terme nous est proposée ? Rien d’autre que cette fameuse guerre des civilisations conceptualisée lors de la première croisade.

Pourtant, si je peux me permettre, d’autres axes de réflexion existent.

En particulier, l’axe mémétique.

En effet, si il est si dur de lutter contre ce qui deviendra dans les prochaines années le « terrorisme domestique » français (si vous ne connaissez pas ce terme charmant, c’est dommage : il nous vient des américains pour lesquels les milices américaines sont de cette famille, quand les terroristes moyen-orientaux n’en sont pas), c’est sans doute parce qu’on le considère comme une organisation, plutôt que comme une idée. Et cette idée, c’est quoi ? Tout simplement qu’il faut forcer l’opposition entre l’Europe et le Moyen-Orient pour déclencher l’apocalypse (j’avais lu ça dans un article fascinant sur The Intercept, me semble-t-il, mais je n’arrive plus à remettre la main dessus).

Dans ce contexte, peut-on lutter contre cette secte apocalyptique avec des armes à feu ?

Ou peut-on même se permettre d’appeler terroriste ceux que l’on devrait qualifier de dangereux illuminés ?

Bien sûr, l’objectif politique est tout autre : cette histoire de menace terroriste imminente annihile le débat, et permet aux futurs candidats à la présidentielle de masquer leur absence de projet pour la France. En bonus, évidement, les socialistes pensent que le front national va seulement empêcher les Républicains de l’emporter trop vite.

En réalité, à jouer sur la corde nationaliste, et on le voit déjà depuis novembre 2015, nos concitoyens musulmans et/ou d’ascendance arabe sont à nouveau victimes d’actes racistes, et les seuls votants à la prochaine série d’élections seront les petits vieux des campagnes qui, par peur, par ignorance, et alimentés par des médias jouant sur cette peur, voteront sans hésiter pour le Front National.

La blockchain … au chtijug !

Avant toute chose, un petit avertissement : j’ai mangé à Devoxx de la blockchain à foison. Et cette session du chtijug avait donc pour moi comme un goût … de trop peu.

Avant donc de lire ce compte-rendu, je vous encourage à jeter un oeil aux articles précédents

Et donc, c’est parti !

 Survolons donc la blockchain

Pour commencer, petit retour classique sur l’argent : le troc, puis la monnaie, la monnaie fiduciaire, et la crise boursière de 2008. Au passage, et là c’est mon avis, il me semble que toutes ces histoires du troc qui s’étend pour devenir la monnaie sont assez remises en cause par les économistes/historiens …
Ce qui nous amène comme d’habitude à Bitcoin et son échange de monnaie en P2P.
Bitcoin permet d’écrire la confiance dans le code (voir à ce sujet blockchain as a trust machine).
Vient ensuite le classique passage sur l’opposition entre les banques traditionnelles et le P2P qui va tout fracasser.
Pour Julien, ça n’est pas intéressant, alors que c’est tout le sel du sujet : décider où placer le curseur de la distribution de données va permettre (ou pas) le succès de l’implémentation.

Revenons à la technique : la blockchain, basée sur un livre de comptes public et distribué, et une méthode de construction de consensus.

Ce livre de comptes est découpé en plusieurs blocs. Pour créer un nouveau bloc, des acteurs de la blockchain sont incités à effectuer les calculs permettant d’initialiser le bloc suivant (ce sont les fameux mineurs). C’est l’un des points importants : tous les concepts de la blockchain se basent sur des incitations ou pénalités « économiques » favorisant ou empêchant des comportements. Ainsi, les mineurs sont récompensés par des transactions dans le livre de compte en leur faveur lorsqu’ils permettent d’initialiser un nouveau bloc.

Julien voit ça comme une base de données distribuée. C’est vrai au sens où les données sont distribuées. En revanche, les capacités d’indexation et de recherche sont … un peu faibles.

Après un aperçu très … vague de l’activité de minage, vient une comparaison entre bitcoin et les banques traditionnelles. Dans ce cas, la principale différence est que le réseau Bitcoin est totallement public. Oui, public : tous les comptes de tous les utilisateurs sont visibles. Il se trouve juste que ces comptes sont des UUID illisibles.

Le cas d’utilisation présenté ensuite est séduisant, avec la borne de paiement acceptant les bitcoins, mais irréaliste au vu des délais de validation des transactions : actuellement, il faut environ 5 blocs pour être sûr de la validation de la transaction, soit presqu’une heure … Difficile d’attendre tout ce temps pour acheter sa baguette.

L’un des intérêts de bitcoin est aussi que le langage de script embarqué dans les transactions permet des opérations plus complexes que le simple échange de bitcoin de gré à gré. On peut par exemple faire valider le paiement par N personnes parmi M, ou attendre le paiement jusqu’à une date donnée.

Vient ensuite le sujet des oracles. Un oracle permet d’injecter dans la blockchain des données externes. Le gros problème est que, comme toutes les transactions sont rejouées sur tous les noeuds, il faut que les valeurs renvoyées par les oracles soient indépendantes de la date à laquelle ces oracles sont appelés.

Ce qui nous amène aux limites

  • le manque de scalabilité
  • la concentration des acteurs
  • les choix technologiques
  • la gouvernance du projet
  • la protection des clés

Heureusement, des blockchains, il y en a plein. Elles ont certes des valorisations inférieures, mais les évolutions sont encore nombreuses. Et elles ont des objectifs différents : certaines ont un objectif monétaire, ou applicatif … comme ethereum.

Dans ethereum, on peut mettre des transactions d’échange de valeurs, mais aussi des transactions définissant de nouveaux programmes (les fameux smart contracts). Evidement, ces programmes ne sont plus arrêtables à partir du moment où ils sont livrés dans un bloc ethereum.

Et encore une fois, etherscript et son quasi-scratch éminement lisible est lancé.

Dans les exemples d’utilisation, la gestion des cartes volées est anecdotique. En revanche, la gestion du carnet d’entretien automobile dans une blockchain est intéressante, au sens où elle entre précisément dans le champ de la confiance faible : les acheteurs automobiles ont peu confiance en les vendeurs, qui peuvent produire de fausses factures. Stocker les informations dans un tiers de confiance distribué dans ce cas est franchement utile.

Stratumn et les workflow de confiance

Passons maintenant à Seb, de Stratumn … qui nous a mis sa présentation sur internet

Stratumn imagine un paradigme de fonctionnement de la donnée, qui permette d’arrêter les workflow débiles type renouvellement de la carte de séjour : un tiers produit des documents pour un autre tiers que je vais transporter en tant que tiers de confiance.

Et là, la meilleure description de la blockchain est donnée : c’est en fait une base de notarialisation ou de timestamping (selon la qualité de votre accent). En effet, les blockchains permettent simplement de s’assurer qu’une donnée est dans un état à un instant grâce à plusieurs propriétés :

  • immuabilité
  • auditabilité
  • inviolabilité

Typiquement, dans Bitcoin, en inscrivant des transactions minimales, on peut ajouter dans la transaction un hash qui indique qu’une donnée était dans un état donné avant que la transaction ne soit inscrite.

Ils ont donc créé chainscript.io qui permet de définir un workflow dans la blockchain. Alors j’ai un doute sur le concept de chainscript. Je m’explique : l’intérêt de la blockchain est de fournir une auditabilité totale. Or avec chainscript, on ne met dans la blockchain que des hashes. Et en fait, des hashes construit à partir d’innombrables transactions chainscript. Du coup, l’auditabilité en prend un sacré coup.

En revanche, je retiens comme un concept aussi fort que le théorème CAP la trinité des preuves établie par Seb :

  1. preuve d’existence
  2. preuve de calcul
  3. preuve de propriété

Avec ces trois éléments, on peut prouver que l’opération a bien été effectuée d’une façon immuable et inviolable. Et ça, c’est la clé de toutes les blockchains, à mon sens, et l’élément qui permettra d’en tirer un modèle économique, qu’il soit basé sur une blockchain privée ou publique.

Finalement, une bonne session, à part le buffet (qui a été le premier buffet à moitié loupé du chtijug).

Et pour finir, un dernier tweet de l’un de nos joyeux organisateurs qui va élargir le débat

#devoxxfr – Société programmable : développeurs citoyens

Pour continuer avec la thématique de société, un petit talk sur la société programmable …

Avant tout, un petit retour en arrière : Alfred Nobel a inventé le prix éponyme grâce à quoi ? Son invention de la nitroglycérine. Et quand il a découvert qu’elle servait dans les batailles, c’est là qu’il a choisi de créer le prix.

A priori, le prochain secteur qui sera disrupté est celui des banques . 300 000 salariés en France pourraient y perdre leur poste. En face, évidement, les investissements fintech ont doublé cette année.

Pour l’orateur, la place de la femme est un indicateur de développement. je partage ce point.

Bon, par contre, au bout d’1/2 heure, toujours aucun rapport avec les développeurs. En fait, plus exactement, je ne m’attendais pas à me faire 3/4 d’heure du speaker qui raconte sa vision du monde, alimenté par quelques références comme Comte-Sponville, Kant. Malheureusement, ça ne sauve pas l’affaire.

Du coup, au bout d’1/2 heure, j’ai voté avec mes pieds et quitté la salle.

#devoxxfr la blockchain en détail

Juste en introduction, un chiffre, actuellement, 1 bitcoin=470$

Donc chez Octo, ils croient que la blockchain va changer le monde … et moi aussi.

Donc Bitcoin (parce que c’est l’exemple canonique de la blockchain).
Bitcoin permet (mais on le sait déjà) de transférer de façon sûre des informations. Et ça, c’est grâce à des méthodes cryptographiques bien connues.
D’abord du hash, c’est rapide, c’est résistant à la collision, et c’est non réversible (bien pratique pour conserver la confidentialité de l’information hashée).
Ensuite, la signature électronique. elle est assymétrique, comme ça on peut envoyer la clé publique au monde entier, tout en étant toujours le seul à pouvoir signer un message.

Ensuite, il y a des structures de données qui vont bien.
Typiquement, la blochchain, qui consiste en fait à mettre dans le block (n) la signature du block (n-1). Ce qui fait qu’on ne peut modiifier à bas cout que le dernier block. Et puis le merkle tree (petite musique d’ambiance) .. Globalement, on crée des hashes à partir d’un arbre de hash, qui permet à partir d’un seul hash d’avoir l’état de validité de tout un paquet d’opération. L’intérêt est surtout de pouvoir valider une donnée rapidement et efficacement.

Du coup, bitcoin, c’est juste l’assemblage de toutes ces technologies pour ne pouvoir faire que les opérations suivantes

Transférer des bitcoins qu’on possède
Trouver des bitcoins (miner) et faire des transactions coinbase.

Donc les gens peuvent se transférer des bitcoins, qui passent par l’envoi de message signés par le hash de l’émetteur via le protocole gossip.

Bon, le truc compliqué, c’est quand on veut transférer des demi-bitcoins, parce qu’il faut faire une transaction vers le destinataire et vers soi-même avec le reste.

Et le truc encore plus compliqué, c’est d’éviter la double-dépense : envoyer la transaction à deux destinataires pour dépenser le même bitcoin en double. On l’évite justement grâce aux blocks et aux arbres de merkle : les transactions sont toutes enregistrées dans des blocks qui sont organisés, de façon interne, en arbres de merkle.

Alors du coup, après, pour faire pousser les blocks, il faut que les mineurs calculent de nouvelles valeurs de « nonce », qui garantit la valeur du hash. Et là, l’explication est un peu flou, mais c’est pas grave.

Passons maintenant à un problème typique des réseaux : supposons que deux nouveaux blocks apparaissent en même temps, avec des hash valides, mais des contenus de transaction différents. Et ça va être résolue simplement en considérant que, dans le cas d’un fork, la chaîne de blocks valide est toujours la plus longue. Et du coup, si on contrôle la moitié du réseau, on a d’une certaine manière la possibilité de réécrire l’histoire, en invalidant certaines transactions, ou faire du déni de service en empêchant une personne de voir ses transactions écrites.

Du coup, les mineurs ont quand même un rôle important, surtout qu’il sont rémunérés en bitcoin … à l’heure actuelle, trouver un nouveau nonce rapporte environ 7000 € en bitcoins !

Ca soulève certains enjeux. D’abord, la difficulté de miner augmente en fonction du nombre de mineurs … et comme il y a maintenant des cartes physiques dédiées, ça devient vraiment compliqué. Du coup, pour miner, actuellement, l’investissement minimum est de 70 000 €. Et pour posséder 51 % du réseau, il faut un investissement bien plus conséquent … Et la théorie des jeux indique que, dans ce cas, il vaut mieux s’équiper pour miner, ce qui permet de sécuriser le réseau de façon partagée. Même si les mineurs restent les mêmes. Ca se voit avec les pools de minage.

En bonus, si les pools de mineurs se regroupent, ils sont susceptibles de prendre le contrôle de l’écosystème bitcoin … mais si ils le faisaient, ils perdraient leur investissement actuel.

Dernier point : le nombre de bitcoins minables est défini. Et il semblerait que plus aucun bitcoin ne sera minable en 2140. Bon, à cette date, on sera mort. Mais surtout, les mineurs ne pourront plus gagner de l’argent en minant. En revanche, comme à cette date il y aura 17 milliards de bitcoins en circulation, les frais de transaction seront suffisants pour faire vivre les mineurs, qui se seront reconvertis.

A cause de certaines limitations, d’autres monnaies sont apparues : le litecoin (avec beaucoup moins de puissance de travail requis), le NXT (ou c’est carrément une loterie – mais une loterie franchement intéressante), et bitshare qui permet la délégation de proof of work.

Pour en revenir au bitcoin, on atteint déjà certaines limites : les transactions doivent attendre 10 minutes avant confirmation … enfin, dans le cas où tout va bien (c’est-à-dire si le block fait encore moins de 1 Mo). Dans les autres cas, on peut attendre plusieurs heures … pas pratique pour acheter la baguette.

Et maintenant, passons à Ethereum …

Ca n’est pas le successeur de bitcoin.
Ca n’est pas non plus le début du web 3.0 (le fameux web décentralisé).
Et ça n’est enfin pas le nouvel investissement avec revenu garanti.

En fait, c’est un ordinateur
Décentralisé s’appuyant sur la blockchain et sans maître
Infalsifiable grâce aux preuves de calcul.
Toujours disponible (du moins tant qu’il y a suffisamment de noeuds)
Accessible de partout, et par tout le monde.

Où toute action se paye. Et l’aspect économique va permettre de (dé)favoriser certaines actions
Qui produit des résultats cohérents … à terme, ce qui n’inclut pas des résultats valides à court terme.
Et enfin aussi rapide qu’un smartphone des années 90.

Comment est-on passé de bitcoin à ethereum ?
Grâce à une blockchain plus rapide, qui peut stocker des données, et des smart contracts turing complete (WTF ?!).

Donc pour ça, la taille des blocks est adaptable dynamiquement en fonction du contenu.
Et d’autre part, la chaîne de blocs qui est acceptée n’est as la plus longue, mais celle qui met en jeu les blocs du plus grand nombre de mineurs.

Les données dans la blockchain
En fait, chaque compte de la blockchain a un stockage de données et du code qui lui est associé.
Chaque compte ? ben oui, parce qu’on peut gérer un compte par utilisateur et par smart contract. Bon, le stockage, c’est du clé/valeur 256 bits => 256 bits, donc peu, mais les APIs permettent du stockage bien plus riche (sans doute via un hash). En bonus, c’est un stockage privé. Cela dit, ces données sont lisibles par tous les mineurs.

Du coup, à cause des limitations de débit (90kb/1és), il vaut mieux ne stocker que les hashs des données, plutôt que les données complètes

Les smart contracts.
Bon, là, c’est juste du code stocké dans la blockchain et capable d’agir dessus.

En bonus, l’exécution d’un tel programme est transactionnel.

Et enfin, les contrats peuvent se parler. Du coup, un contrat de prêt peut appeler un contrat de gestion de comptes.

Bon, il y a toutefois des limitations :
pas d’exécution déclenchée automatiquement parce que le code doit pouvoir être exécuté quelque soit l’hôte
pas d’accès direct aux données externes pour la même raison
et pas de temps d’exécution limitée parce que l’exécution d’un smart contract se paye

Les smart contracts se développent pour l’instant avec des langages dédiés (le Solidity équivalent au javascript, le Serpent équivalent au Python, et enfin le LLL analogue au Lisp).

Et enfin, une pause

On reprend avec une démo, basée sur ethereum et ethereum wallet, qui permet de voir facilement ce qu’il y a dans un compte.

A noter que l’exécution d’un contrat coûte de l’ethereum et du gaz, ce qui garantit qu’aucun contrat ne peut s’exécuter indéfiniment.

Bon, tout ça, ça induit plusieurs complexités

Chaque version d’un smart contract a une adresse différente. il faut donc trouver un moyen de garantir qu’on utilise la dernière version.
Exécuter un contrat à intervalles réguliers va nécessiter un smart contract particulier (comme ethereum alarm clock), qui agit comme un cron distribué (et rémunérant les exécuteurs en bitcoin).
Interagir entre contrats nécessite de connaître à la fois l’adresse et l’api de l’autre contrat. Il y a donc des mécanismes de service registry qui existent pour ça.
Obtenir des informations sur le monde extérieur passe par un oracle, qui peut être appelé en synchrone ou en assynchrone.

En conclusion, ces systèmes sont implémentés avec une vision libertaire du monde, qui vient de l’absence de régulation du web faite par les gouvernements depuis les années 2000. On en revient aux fameuses histoires de « code is law » et « software is eating the world ».

On n’est pas sortis de la France rance

Hier, tranquillement, Plantu faisait un dessin clairement raciste

Vous me direz, c’est normal pour un vieux con de dessinateur de droite traditionnelle. Pendant ce temps-là, la bon sang de ministre des droits des femmes se mettait au même niveau. Tout ça pour défendre la foutue liberté d’expression de merde de ce torchon raciste qu’est Charlie Hebdo (lisez le texte, ça fait gerber)

Vous voyez, ce texte, c’est le genre de chose qui a permis à Touche pas à mon pote d’apparaître. Malheureusement, simplement parce que ces femmes sont voilées, elles deviennent le parfait réceptacle d’une haine de l’autre qui se cache sous les terme « laïc », « républicain ».

Vous savez ce qui est vraiment laïc et républicain ? La putain de fraternité inscrite sur le fronton de nos mairies, et qui fait que chaque française, chaque français, est ma soeur ou mon frère.

Et franchement, quand vous, hommes et femmes de pouvoir, parlez de mes compatriotes comme ça, vous ne me donnez qu’une seule envie …. vous envoyer voir dans les pays où tout le monde est pareil voir si vous rirez autant. Vous n’en connaissez pas ? Allez, vous rigolez ? La Russie, La Corée du Nord, La Chine, voilà le genre de pays éclairés dont vous rêvez.

Allez-y, mais sans moi. Et franchement, aux prochaines élections, je vois bien qui je foutrais dehors.

Parce que je préfère encore que mon boulanger soit un wahabite, plutôt qu’un abruti du Front National ou de la gauche brune au pouvoir.

Alors, c’est l’urgence ou pas ?

L’état d’urgence a donc été prolongé récemment …

Malgré son inefficacité constatée.

Malgré ses abus, tout autant constatés.

Ce qui est curieux, c’est qu’il est d’une application plutôt sélective. Par exemple, si vous êtes militant écologiste, il s’appliquera dans toute sa fermeté.

En revanche, si vous êtes chauffeur de taxi en colère (parce que les VTC payent tous les impôts alors que vous passez au black dès la barre des 200 €  franchis dans la journée) …

Mais bon, c’est vrai que les chauffeurs de taxi ne sont pas une bande de terroristes, hein

D’ailleurs, les néo-nazis corses et les agriculteurs non plus

Alors c’est vrai que, comme le rappelle France TV Infos, c’est aux préfets de décider ce qui menace ou pas l’ordre public.

Et manifestement, déverser des tonnes d’ordure, bloquer des autoroutes, c’est nettement moins grave que, par exemple, « déchemiser » un DRH …

Et c’est là qu’on voit toute la beauté et la grandeur de la France. Parce qu’après tout, l’état d’urgence, avant tout, c’est donner le pouvoir de justice aux préfets (en gros, hein). Et, ma foi, la sélectivité dont ils font preuve dans leurs interventions montre bien de quel ordre public ils se manifestent : si tu fais partie d’une corporation reconnue, pas de problème, tu peux saccager le bien public, personne ne fera même mine de t’empêcher d’agir.

En revanche, si tu milites pour une cause éminemment contestable comme par exemple l’écologie, là, il vaut mieux t’arrêter tout de suite.

Et puis c’est vrai qu’on est à peu près certains qu’il va s’arrêter rapidement …

Bon, cela dit, il y a des causes bien plus honorables que celle du respect de la Justice (laquelle se portera mieux maintenant que le garde des sceaux est un audacieux réformateur, partisan de la fusion de son ministère et de celui de l’intérieur).

Pour finir avec une note d’humour, vous saurez maintenant si l’état d’urgence est toujours en cours grâce à cet indispensable site : https://estcequecestencoreletatdurgence.fr/

 

La France n’est pas raciste ?

En tout cas, c’est ce que prétend une espèce de bandeau publicitaire TF1.

Pourtant …

Notez bien que si vous ne voyez pas en quoi ce sondage est par nature raciste et anti-musulman, … vous avez sans doute également un problème.

Bon, après bien sûr, quand on lit des articles comme ça en regardant TF1 et en écoutant Europe1 (par exemple), on peut facilement imaginer le fameux grand remplacement qui fait frémir la fachosphère.

Mais tout cela n’est en fait qu’une espèce de monstrueux faux-nez : agiter le spectre de l’étranger, ça marche depuis les savoyards, depuis les bretons, depuis la Gaule. Et aujourd’hui encore, on trouve dans nos campagnes des gens pour croire qu’effectivement, les étrangers sont là pour prendre notre place.

C’est assez pratique, quand le seul projet politique existant dans notre pays est celui de faire peur au bon peuple pour qu’il se taise … Mais j’en reparlerai, je pense.