Le dépôt de bilan, ça craint

Eh oui, parce qu’à trop tirer le diable par la queue, on se fait mordre.

Donc l’entreprise dans laquelle je travaille actuellement se trouve maintenant en dépôt de bilan.

Je ne peux pas dire que ce soit une bonne nouvelle.

Voyez-vous, j’ai travaillé dans un certain nombre d’entreprises différentes. Et si certaines étaient exceptionnellement chouettes, par le projet ou par les personnes qui y travaillent, je dois dire que mon expérience chez Perigee m’a ouvert les yeux sur d’autres réalités. Mon chef dirait que j’ai – un peu – levé les yeux du code. Et c’est vrai. J’arrive à voir comment les décisions s’articulent avec bien plus d’acuité que je n’ai jamais pu le faire. Et ce dépôt de bilan, s’il faisait partie des avenirs possibles de l’entreprise dès mon arrivée (ou presque – ou tout au moins de façon cachée), m’a paru et à je pense paru être pour les personnes arrivées après moi comme une espèce de challenge un peu fou à relever : « pas cap’ d’arriver dans une boîte qui coule et de la sortir de là ».

Une belle idée.

Une très belle idée, en fait.

Quand j’étais jeune, j’ai lu un bouquin marquant chez mon grand père qui parlait d’aviateurs de la seconde guerre mondiale et de leurs exploits aériens insensés. J’avais à l’époque 8 ans, l’âge auquel on ne sait pas encore que la guerre est une boucherie innommable et où on prend donc une espèce de plaisir particulièrement épique aux faits d’armes. Dans ce livre, une citation m’avait marqué.

Trop peu, trop tard

C’est une phrase que les aviateurs anglais employaient il me semble au début de la bataille d’Angleterre, quand ils étaient clairement dépassés par le nombre des avions allemands.

Cette phrase, je pourrais l’employer à propos de Périgee. Quand enfin l’entreprise a trouvé une organisation permettant éventuellement de sortir un logiciel, c’était trop peu, trop tard. Et du coup nous voici à l’heure du dépôt de bilan. Notez bien que je ne vais pas spécialement me plaindre de mon sort (même si je ne vais pas pour autant me mettre dans le même sac que tous les licenciés de France et du Monde). Non. Un dépôt de bilan, c’est avant tout le moment idéal pour une phase d’introspection, comme le feraient des agilistes lors de la réunion de rétrospective de sprint.

Posons donc les questions utiles

Qu’est-ce qui a bien marché ?

  • La place d’architecte/lead developper me plaît bien : avoir la capacité de faire mûrir des idées qui ne sont pas forcément les miennes pour les transformer en du code qui marche, c’est vraiment chouette.
  • J’ai eu la chance (un peu aidée, il est vrai, par mon insistance) de pouvoir travailler sur un projet open-source personnel pendant mon temps de travail (essentiellement parce qu’il a remplacé au pied levé une brique pourrie de notre pile – entendons-ous bien : pourrie dans notre contexte, c’est-à-dire en stockant les données dans neo4j). Et ça, c’est vraiment une chance au sens où j’ai pu utiliser ce projet pour tester un certain nombre de choses (Cloudbees, GitHub, les SAM-interfaces pour Java8, …)
  • J’ai également réussi à mettre en place des outils d’intégration continue compilant et packagant notre application, malgré sa complexité (merci maven, même s’il est moche, il faut quand même voir qu’il y a des moments o il est juste indispensable). Mon regret ? Ne pas avoir eu le temps d’installer de tests d’interface Flex avec Sikuli (trop peu, trop tard).

Qu’est-ce qui n’a pas bien marché ?

  • Mon arrivée dans cette entreprise a été un désastre. Je ne m’attendais pas à cette situation initiale, et je pense qu’il y a eu au mieux une incompréhension forte, au pire un mensonge du recruteur. Ca m’apprendra à ne pas insister quand la définition du poste est un peu flou.
  • Le developper onboarding sur notre application n’a pas été assez travaillé, et on en a payé le prix pendant trois ans. A ma décharge, je ne pensais pas devoir lancer dans le monde de JavaEE des profils aussi variés. Ca n’a pas bien marché, et je reconnais bien volontiers que c’était mon erreur.

Qu’est-ce que je peux améliorer ?

  • Un truc tout con : pour faire de l’agile, utiliser cinq outils, c’est juste idiot. je vais préciser un peu : on utilise Scrumwise pour le backlog, Google Drive pour les specs, Mantis pour les bugs, Google Spreadsheet pour donner d ela visibilité aux bugfixes …
  • Clairement, je dois travailler sur mes attentes concernant mon futur poste. Qu’est-ce que je veux ? Avec qui ? Dans quelles conditions ? J’ai l’impression que ce truc du triangle of happiness vu récement sur Lifehacker pourrait m’aider, mais je dois encore fouiller …

 

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4 réflexions sur “Le dépôt de bilan, ça craint

  1. La liquidation de la société a été prononcée!? Parce que sur societe.com il est indiqué « Redressement judiciaire ». A priori Perigee a encore un chance si elle trouve un repreneur où si les actionnaires historiques remettent au pot par exemple. Cela dit on peut lire 14 (!) augmentations de capital entre 2004 et 2012, les actionnaires doivent en avoir un peu marre…

    J’ai bien aimé ton introspection, c’est une chose rare chez les développeurs que je rencontrent en ce moment (dans le cadre de notre recrutement 😉 )

    Bon courage pour la suite de ta carrière.

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