La singularité arrive … par petites touches

Bon, je vous en ai déjà parlé, de cette singularité (enfin, ma modeste vision).
L’un des plus grands accélérateurs, l’un de ceux qui nous envoient le plus rapidement dans l’inconnu, c’est l’augmentation de la puissance de calcul des ordinateurs. On sait bien, en effet, que, sans ordinateurs, il nous serait maintenant impossible de concevoir une voiture, un pont, un immeuble, et tant d’autres choses.
Il y a d’autres activités qui voient arriver la puissance de calcul croissante comme une menace. On pourrait citer … l’industrie de la musique de merde (oups, ma langue a fourché, enfin, pas tant que ça, puisque c’est la seule industrie grand public qui fait des procès à ses bons clients), ou encore celle de l’édition, qui se retrouve (à cause du livre électronique) propulsée dans le monde de l’industrie culturelle informatisée.
Il y a toutefois une industrie qui croit échapper à tout ça : l’industrie de la finance. Industrie de la finance ? Ben oui, vous savez, ces gens qui, à coups d’algorithmes de trading sophistiqués, d’instruments (c’est le terme du vocabulaire métier utilisé pour décrire les actions, obligations, futures et autres bonds) font leur argent avec votre argent (ce discours peut paraître bizarrement gauchiste – ambiance salauds de capitalistes – c’est sans doute un peu le cas).
Pourtant, à bien y regarder, j’ai du mal à penser que l’industrie financière se porte bien. Et tout ça pour une raison dont je m’étonne qu’elle n’ait frappé que moi. Si les ordinateurs font du trading, ils le font en effet à leur fréquence (on parle ainsi de high frequency trading). Par ailleurs, comme ces outils algorithmiques sont développés dans des banques, ils agissent sur des montants qui ne sont pas négligeables à l’échelle d’un marché.
Autrement dit, l’ordinateur joue la musique financière à son rythme, et nous, pauvres humaines, essayons de tenir la cadence. Evidement, on n’y arrive pas ! Et comme, ne l’oublions pas, l’ordinateur considère les chiffres financiers avec le même intérêt qu’une partie de tic-tac-toc, il ne s’arrête pas quand ses mouvements provoquent des dommages collatéraux. Bref, l’ordinateur a – déjà ? – chassé l’humain de la finance de marché. Cool ? j’en sais rien. Ce que je sais, en revanche, c’est qu’il s’agit d’un domaine qui préoccupe pas mal de monde, mais que personne ne semble s’être rendu compte de ce fait bien simple.
Vous voulez une proposition ? Ne comptez pas sur moi. Parce que j’ai bossé dans une boite qui, à son échelle, essayait de vendre des pioches aux chercheurs d’ors, et qu’on savait bien que la seule façon de s’enrichir en bourse, c’est de ne pas y jouer.
En revanche, je ne peux m’empêcher de penser que le fait qu’il existe des instruments financiers où on gagne de l’argent quand quelqu’un en perd est intrinsèquement mal. Aussi mal que, je sais pas moi, croiser les faisceaux. D’ailleurs, c’est pas compliqué, dans le monde d’avant (vous avez, celui non mondialisé), j’ai entendu dire que c’était tout simplement interdit. Et là, comme moi, vous vous demandez pourquoi autoriser ce genre de gadget qui ne sert que des entreprises capables de pratiquer la corruption active de gouvernements ? J’en sais rien. J’espère juste que, quand les cendres de notre civilisation seront retombées, et que les ploucs du futur reconstruiront leur monde, ils ne reconstruiront pas de bourse, ni de finance capitalistique mondialisée.
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