Hadopi, le marketting

Ce matin, dès mon réveil, alors que je me demandais encore que faire de cette journée, la minute économique d’Europe 1 m’a appris la nouvelle du jour.
Celle qu’ensuite 20 minutes et le Figaro reprendraient.
L’Hadopi, puisqu’il faut bien l’appeler par son nom, aurait donc publié, lors du midem un rapport expliquant gentiment pour les noms initiés qui sont les pirates.
Cette étude affirme donc qu’un internaute sur deux est un sale pirate anti-capitaliste (j’aurais bien barré la partie sous-entendue, mais GMail ne dispose pas de la balise html strike). Enfin, seulement les hommes. Les femmes, elles, semblent plus honnêtes.
Et moi, bêtement, je vous parle de marketting. Pourquoi ?
Eh bien parce que, selon un adage que je m’efforce de comprendre dans ses tenants et aboutissants, si je ne suis pas le consommateur, alors je suis la marchandise.
En tant qu’internaute, je suis donc une marchandise anonyme taillable et corvçable à merci. Et c’est cette marchandise que Hadopi, créée par l’état pour les marchands de disque, essaye de vendre. Je ‘explique plus en détail.
hadopi gagne sa vie en moissonnant dans les rangs d’internautes assez idiots pour pirater l’un des mille films de l’année, ou l’une des dix mille chansons de l’année, des internautes qui paieront pour la masse de ces internautes indisciplinés, qui refusent d’aller acheter leurs disques virtuels chez des marchands virtuels pour un prix bien réel. Et ces marchands de disques, où vont-ils tous les ans …. ben oui, au Midem.
Donc en publiant cet espèce de baromètre de la piraterie culturelle lors du Midem, Hadopi montre clairement qui sont ses clients : les susnommés marchands de disque qui ne font pas tant de CA que ça.
Pourtant, la réalité est plutôt contrastée d’après cette étude, non ?
Elle montre en effet que les pirates, dans leur majorité, sont des hommes jeunes mais actifs, et qui dépensent déjà pas mal d’argent dans la culture. Ils achètent des livres, des CDs, des films en DVD et/ou BluRay (voire les deux pour les plus fanatiques). Et pourtant, ils téléchargent illégalement. Du coup, en attaquant eux-mêmes (les marchands de biens culturels) ces internautes, est-ce qu’ils ne se tireraient pas dans le pied en attaquant leurs propres clients ? Et si, et c’est donc pour ça qu’Hadopi est lé. Pas pour protéger des artistes débutants, ou un peu trop à la marge (allez donc voir mon compte last.fm pour avoir une idée du genre d’artistes qui devraient bénéficier d’une protection). Ni d’ailleurs pour les musiciens étrangers. Non. hadopi est là pour veiller à ce que les intérêts d’un groupe de pression vieillissant, dépassés par l’accélération du progrès, continuent à engranger des bénéfices conséquents en étant protégés de ce progrès qui sonne pourtant leur glas.
C’est triste, mais c’est comme ça.
Cela dit, il sera intéressant de voir les non-conséquences de cette annonce dont se glorifient d’ailleurs déjà tous les médias. Ecoutez-les dire à quel point hadopi permet à une offre légale d’exister. Personnellement, ça me fait vomir.
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