2010, le point d’inflexion ?

Puisque la fin d'année s'approche à grands pas.
Puisque c'est l'heure des bilans (voir par exemple l'évidement brillant bilan de Jean-Michel Billaut).
Laissez-moi ne pas faire le mien et vous parler à la place de ce que la crise (pardon, la Crise) dit de nous.
On sait (enfin, on suppose, il y en a peut-être eu aussi chez les romains, les égyptiens, les chinois) que la première bulle spéculative fut celle de la tulipe. Evidement, avec l'accélération de l'histoire dont nous sommes maintenant coutumiers, les crises se sont accélérées, comme les révolutions industrielles : il y a eu celle de 29, puis celle de 74, et depuis, elles arrivent tellement vite qu'on n'est plus capables de déterminer si on approche d'une crise, on est dedans où on en sort.
Cela dit, ces derniers temps, la fameuse crise des liquidités européennes devient assez intriguante : ce ne sont plus des particuliers ou des entreprises, ni même des banques qui risquent la banqueroute, mais des états. N'étant pas économiste, je ne sais pas trop si ça c'est déja produit. Ce que je sais en revanche (à force de recevoir de Laurent Kloetzer des articles sacrément intéressants), c'est que les choses ne semblent pas devoir s'arranger. J'aurais tendance à penser, contrairement à ce qu'on pourrait croire, que c'est une bonne chose, parce que c'est un signe de l'état de pourriture dans lequel se trouve le monde financier. Bon, en disant ça, je passe évidement pour anticapitaliste primaire, ce que je suis peut-être.
Peut-être.
Néanmoins, j'ai la vague impression que la vague du 2.0, de ses modèles freemiums et autres bizarreries, risque de porter dans les prochaines années un coup fatal à cette économie de la rareté. Parce que bon, il ne faut pas se leurrer, cette rareté est-elle réelle ? Quand, pour la dernière fois, avez-vous manqué d'un bien indispensable ? (oui, je sais, en disant ça, j'exclus les exclus, tous ces SDF qui dorment sous les ponts, que je plains par ailleurs sincèrement). Par ailleurs (et je vais aller beaucoup plus loin, cette fois-ci), quand avez-vous eu devant vous la totalité de votre argent ? Ou même un dixième de votre argent ? Personnellement, ça ne m'est jamais arrivé. J'ai fait une fois un chèque de 20 000 € à peu prés pour acheter ma voiture, mais ça ne représentait même pas mes biens. Bref, tout comme la rareté, l'argent est devenu une notion abstraite, avec laquelle les banquiers jouent, en croyant encore qu'il est le moteur de ce monde. C'est sans doute vrai, mais les choses changent. Et elles vont changer de plus en plus vite.
Je crois en fait que, plus que notre démocratie (qui est totalement soluble dans le web 2.0, 3.0 et autres), plus que notre société (dont il semble que Facebook ne soit pas le fossoyeur), c'est notre économie capitaliste qui va mourir dans ce siècle.
En effet, chaque avancée (ou presque) se heurte désormais aux forces économiques du passé, qui cherchent à survivre dans ce nouveau monde. C'est normal, c'est du Darwinisme. Ce qui est moins normal, c'est qu'à chaque fois, la survie de ces dinosaures passe par l'interdiction du progrès. Comme si le monde ne pouvait pas changer.
Réveillez-vous ! Le monde change. Plus vite et bien plus que les tenants d'un ordre désormais passé ne le croient.
Et je crois que l'économie doit changer.
Pas forcément vers une fin de l'économie capitaliste, mais vers une redéfinition totale de ses buts. Actuellement, elle ne sert qu'é définir la quantité de possessions d'une personne morale. C'était bien à l'époque de la rareté. Mais désormais, avoir ou ne pas avoir n'est plus vraiment une question de moyens, mais plus une question de choix. Du coup, le sens de cette mesure de la richesse se perd.
Je crois personnellement que, si l'économie doit changer, elle doit changer dans le sens de la préservation de notre seul vaisseau vers l'avenir : la Terre. Et un modèle (au moins), existe. C'est celui que développe Kim Stanley Robinson dans sa trilogie martienne : l'éco-économie (et naturellement, la France, qui n'a rien compris, semble vouloir utiliser ce mot pour désigner l'économie capitaliste du secteur écologique !). Il y a bien un site américain qui porte ce nom, mais il semble parler d'un sujet subtilement différent.
Cette éco-économie se définit par une indexation des richesses d'un individu relative non pas à la quantité de ses possessions, mais à la quantité de ses efforts pour sauvegarder sa planète. Vu de loin, ça pourrait ressembler aux abattements d'impôt pour l'équipement écologique, mais porté à une puissance suffisante pour renverser nos envies capitalistiques. De cette manière, chacun d'entre nous, pour ne pas se retrouver en état de faillite personnelle, serait obligé de travailler pour la sauvegarde de notre planète, ce qui changerait du capitalisme de chacun (moi y compris) et de certaines dérives financières uniquement fondées sur l'envie de posséder (et donc de consommer un peu plus que sa part de la planète).
Cela dit, ça n'est qu'un rêve….
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