Wikileaks en off the lip

Hier, je vous parlais déja de la curieuse collusion de problèmes frappant Wikileaks (je mets le lien sur wikipedia, histoire qu’on se cultive un peu).
Et dans la soirée, j’ai appris qu’en plus de PayPal, que les geeks aiment bien, mais qui ne représente qu’une goutte d’eau dans le système banquaire international, Visa et Mastercard refusaient désormais de virer de l’argent sur les comptes identifiés comme étant associés à Wikileaks. Ce sont quand même des acteurs d’un poids supérieur à PayPal : regardez votre carte bleue, vous voyez quel nom dessus (en plus de celui de votre banque) ? je trouve ça assez grave, que mon banquier refuse de me laisser donner user de mon argent comme je l’entends (alors que je ne suis pas mis sous tutelle, de quelque façon que ce soit). Du coup, je me pose la question : quelle est l’autorité leur permettant d’agir de la sorte ? Apparement, ils en auraient le droit, puisqu’il s’agit d’un contrat qu’on passe librement avec eux … mouais.
Bon, il reste toujours la solution d’envoyer des valises de billets (comme va le faire Cantonna, sans doute) à cette bande de dingues … Mais il faut bien reconnaître que c’est un peu limite. Et évidement Western Union, mais jusqu’à quand ?
Je trouve cependant cette affaire révélatrice de l’effondrement du monde analogique face au numérique. En effet, on repproche essentiellement à Wikileaks et à son porte-parole de mettre à jour les secrets les moins reluisants de la diplomatie. Et pour éviter leur diffusion, les méthodes les plus barbouzardes s’ajoutent les unes aux autres :
  • guerre électronique et apparement, la situation s’envenime …
  • diffamation
  • fausses accusations (mais ça, je crois ena voir déja parlé hier)
  • arrestations à la limite de la légalité (mais ça, comme je le disais hier, Maître Eolas, par exemple, est bien mieux placé que moi pour en parler)
  • Et maintenant, ce qu’on pourrait appeler un déni de service bancaire non appuyé par la moindre enquête ou loi. Imaginez, c’est un peu comme si, un beau jour, en se pointant à la banque, on vous expliquait courtoisement que votre argent est bloqué en dehors de toute procédure judiciaire).
Que peut-il arriver à Wikileaks ? Clairement, ils vont bien finir par se taire, une fois que chaque personne pouvant diffuser cette information aura été soigneusement muselée. Une fois, donc que notre liberté de parole sera devenue équivalente à celle d’un chinois moyen.
Et bien sûr, la prochaine fois que Wikileaks ou une organisation analogue voudra se lancer « dans le grand bain », elle ne fera plus confiance au monde analogique. Elle utilisera donc
  • Un CDN impossible à éteindre (croyez-moi, avec les réseaux de peer-to-peer sécurisés à la freenet, ça n’est pas totallement impossible)
  • Une banque en peer-to-peer (fou ? Vous en êtes sûrs ? imaginez-vous que même ce brave Jean-Michel Billaut en entend parler, d’ailleurs, je tiens le lien de son blog)
Et ils forceront, comme a pu le faire, hélas, Hadopi, en France, tous les gens qui souhaitent passer au monde digital à augmenter d’un cran leur niveau de connaissance de ces mediums. Qu’est-ce que je raconte ?
Eh bien c’est simple.
Depuis qu’Hadopi a été votée, on ne compte plus les articles expliquant comment contourner cette loi venue du monde analogique avec des moyens à la sophistication croissante.
A mon avis, de la même manière, le prochain Wikileaks ne fera plus appel à des technologies « naïves », mais mettra en oeuvre des technologies jusqu’ici réservées aux plus boutonneux des hackers.
Et c’est à mon sens ce qui fait de Wikileaks le surfeur, sur la lèvre de la déferlante du progrès, qui nous montre bien à la fois ce que le monde analogique nous réserve dans les prochaines années, et ce qu’il faut faire pour les préserver.
Note : La dernière phrase apparaîtra sans doute aux yeux du plus grand nombre comme une espèce de manifeste libertaire, dans la droite ligne des conspirationistes. J’en ai bien conscience. Seulement voilà, je ne crois pas qu’on puisse réserver à un organe de presse comme Wikileaks le même sort qu’on peut réserver à une organisation terroriste, sous le simple prétexte que leur vérité ne nous plaît pas. Et malheureusement, on leur réserve un sort bien pire. Où sont les défenseurs de Wikileaks ?
Dans la presse ? Faut pas rêver, la moitié des journaliste, compromis malgré eux dans des relations tumultueuses avec le pouvoir (l’excellente émission de Michel Field et Olivier Duhamel, Médiapolis, en a assez parlé), rêve de le faire taire, quand l’autre moitié se demande copmment faire pour faire aussi bien sans brûler les ponts avec le reste de leur clientèle politique. Face à tout ça, je crois en fait que la seule façon de donner une chance à ce combat (pas pour la vérité, qui n’existe pas, mais pour la liberté d’expression,) est d’en parler, et de bien montrer à quel point certains des acteurs de ce combat usent de méthodes dégradantes pour eux.
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3 réflexions sur “Wikileaks en off the lip

  1. En quoi WL est un organe de presse ? Au mieux c’est une archive numérique publique. Qu’est ce qui nous prouve l’authenticité/la véracité des informations diffusées ? Pourquoi autant d’agitation pour des "révélations" bien peu surprenantes qui collent plutôt bien aux rumeurs ? Comment peut-on trouver sympathique cette organisation de marginaux relativement irresponsables en mal de sensations, et son médiatique VRP mégalo ? Et au passage, l’extrême majorité des gens se fout pas mal de cette affaire.

  2. Pingback: Je suis Legion … Ah non, je suis 4chan et les anonymous | riduidel's wordpress

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