Comment améliorer la créativité à la Française

Ca fait bien longtemps que je lis le blog de Jean-Michel Billaut, et j’en apprécie toutes les pépites, comme celle de ce matin. Pour ma part, j’ai longtemps été dans l’état d’esprit de son interlocuteur. En effet, quand j’étais dans mon école d’ingénieur, aux environs de l’an 2000, en pleine bulle internet, personne ne nous parlait d’innovation, de veille technologique (Ca portait ce nom-là, dans ces années-là.). En fait, j’ai appris toutes ces choses dans ma première boîte, qui n’est pas un grand groupe, qui n’a pas fait fortune, et qui coule doucement, mais qui était littéralement remplie de gens absolument fabuleux. Et je trouve que c’est là qu’est précisément l’échec de mon cursus post-bac : à aucun moment on ne m’a dit qu’il existait des boîtes où les gens siont pour la plupart des docteurs en maths qui font des trucs sérieusement appliqués (comme par exemple dans les Airbus) alors que la SSII où je bosse maintenant me fait plus penser à un dinosaure à peine capable de se gratter la panse. Bref, si j’avais en face de moi un directeur d’école d’ingénieur, voici quelques questions que je pourrais lui poser :

  • Comment stimulez-vous la créativité de vos étudiants ?
  • Comment pensez-vous que vos étudiants s’intègrent dans les entreprises ?
  • Vous préférez livrer des têtes bien faites, des têtes bien pleines, ou autre chose ?
  • Comment les encouragez-vous à penser out of the box (Au sens de ce lien, même s’il n’est pas terrible et ne vaut pas l’explication de l’entreprise) ?

Pour conclure, je trouve que cet étudiant met le doigt sur le coeur du problème français. Nos élites, ce ne sont pas seulement les X et autres énarques, ce sont aussi tous ces ingénieurs, comme moi, qui mettent en oeuvre les idées venues d’en haut dans une organisation du travail encore trop pyramidale. Le malheur, c’est qu’on n’est finalement très peu à constater à quel point toutes ces méthodes de travail pyramidales sont inefficaces. Et malheureusement, c’est la faute des écoles, qui ne forment pas les ingénieurs autrement que les BEP, c’est-à-dire pour livrer aux entreprises des machines à produire. Il y a bien sûr quelques différences dans ce qui est produit, mais voir l’ingénieur moderne français autrement que comme un ouvrier spécialisé de haut niveau est une erreur monumentale.

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