#devoxxfr – Rideau !

Devoxx est fini, et je suis dans le train.

Ce que j’en retire conceptuellement

Globalement

En montant dans le train, j’ai croisé l’un des GO du chtijug qui n’a pas eu la chance de venir à Devoxx, qui m’a demandé quels étaient mes trois talks préférés. Sans hésiter, j’ai répondu « la troisième matinée de keynotes sur l’impact social du développeur ». Et, vraiment, je le pense. Ces quatre talks m’ont, chacun à leur façon, soigneusement mis en face de mes contradictions, et des contradictions de mon métier face au monde actuel. Ca me fait bien comprendre certains engagements citoyens que je vois émerger. Et clairement, ma vision du monde est changée. Ca, c’est ce qu’on pourrait appeler un point de vue stratégique.

Localement

D’un point de vue plus tactique, pour filer la métaphore, j’ai vu un très chouette talk d’architecture de Simon Brown qui m’a enfin permis de comprendre un point clé sur l’opposition monolithe/micro-services. Je vous explique : d’habitude, on les oppose soigneusement, comme si il n’y avait pas d’intermédiaire. Or, Simon démontre dans sa présentation que l’opposition est idiote, et qu’il existe un continuum entre les deux, ce continuum reposant sur une espèce de curseur d’isolation des composants : si votre application est un plat de spaghettis, vous êtes évidement dans la merde pour passer aux micro-services. Mais, si vous l’organisez proprement, est-ce que vous êtes sûrs que vous aurez besoin des micro-services ? Est-ce que vous ne pourrez pas développer des composants d’un niveau d’isolation équivalent sans passer par le plat de spaghetti réseau des micro-services ? L’organisation en composants étant, évidement, très proche de la vision de DDD proposée par Cyril Martraire dans son talk-surprise. Et cette vision d’une application correcte va évidement faciliter pas seulement le développement, mais aussi l’exploitation et la sécurisation. Un tout bien propre sur lui, donc.

Et dans ce tout, comment vient s’intégrer la blockchain ? Parce que bon, je me suis tapé en tout au moins 4 heures sur le sujet. Eh bien, je dirais que c’est le chaînon manquant. Je vous explique … Actuellement, les applications que nous écrivons sont opaques, et aussi dignes de confiance que, par exemple, le fameux système de paye des militaires qui ne marche pas. En effet, l’exécution du code se passe dans un silo bien protégé, quand bien même votre code n’a pas grande chose de plus confidentiel que, disons, un hébergement de blogs, un hosting d’applications façon clever cloud, ou autres. Avec la blockchain, et en particulier avec ethereum/embark, l’exécution de votre code devient une chose publique (inarrêtable, mais c’est un autre sujet), aussi bien dans son exécution que dans ses résultats.

Par exemple, si le calcul de vos impôts était rendu public, qu’est-ce qu’il se passerait ? D’abord, instantanément, votre situation fiscale (donc financière), deviendrait publique. Vous imaginez le choc dans notre pays de l’argent tabou ? Si on met ce point révolutionnairement épineux de côté, vous auriez aussi la garantie de la justesse de son exécution, parce que cette exécution serait reproductible, et reproduite sur tous les noeuds du réseau l’hébergeant. En bonus, cette information serait infalsifiable. D’autres informations pourraient également bénéficier de ces propriétés de façon moins polémique. Par exemple, à mon sens, la prochaine machine à voter infalsifiable et légalement correcte s’appuiera sur une blockchain (ça posera juste le problème de la disponibilité des votes avant la fin du scrutin, mais j’ai à dire vrai de plus en plus de mal à comprendre le sens de ce secret).

Ce que j’en retire humainement

Il y a un côté un peu … déstabilisant … à se retrouver d’un coup plongé au milieu de plusieurs milliers de développeurs parlant tous de Java, d’exception, de déploiement, de l’impact du ClassLoader sur les performances, de frameworks plus ou moins connus, et de toutes ces choses sur lesquelles j’ai quelques connaissances, mais finalement beaucoup moins que ce dont je peux avoir l’impression hors de cette fête. Mais une fois que ce sentiment est dépassé, il ne reste que le plaisir.

Ou plutôt les plaisirs.

Il y a d’abord le plaisir évidement d’entendre des gens intelligents détailler avec talent des idées qui font rêver.

Il y a ensuite le plaisir humain de pouvoir avoir des discussions intéressantes, intelligentes avec tout un tas de personnes : Clément, Julien, tous les castcodeurs (et en particulier une discussion vraiment chouete avec Vincent Massol sur XWiki, mon usage, son avenir).

Et, même sans forcément leur parler, le plaisir de voir les orgas réussir un bon sang de truc génial, avec une banane incroyable malgré la charge évidente de faire tenir cet édifice sur leurs épaules. J’ai croisé cinq ou six fois Nicolas Martignole, à chaque fois j’ai été de lui lancer un « welcome to the jungle », mais il courrait tellement dans tous les sens qu’il n’aurait probablement rien entendu.

Bon, évidement, tout n’est pas parfait : un talk franchement moins bon (de mon point de vue), deux sessions annulées (mais une remplacée avec talent), un village des exposants qui m’a franchement laissé froid (à part les stands Zenika & Murex – longuement squattés Jeudi soir – et la bière Sonar – abondamment bue le même soir). Et puis surtout, le pire : la terrasse du palais des congrès fermée malgré un temps qui, franchement, s’y prêtait.

Ouais, Nicolas Martignole écrira sans doute un bel article la semaine prochaine sur le blues des orgas, mais je ressens, moi, malgré le retour à la maison, le blues du spectateur qui retourne à son vieux projet après avoir vu, et eu, des idées géniales. Enfin, géniales, à mon niveau :

  • Implémenter browserWatch dans Wisdom framework – après avoir vu les boucles de feedback pour développeurs
  • Ecrire une application de nomic sur la blockchain (dans un ethereum de test pour commencer) – ça impliquera des programmes auto-modifiables
  • Ajouter une sortie graphml/archi au plugin maven de structurizer
  • Peut-être commencer à faire des prez publiques, genre au chtijug, justement sur Wisdom pour commencer, avant de tenter un « développeur à 40 ans, so what ? »
  • Trouver un moyen de manger un jour avec autour de la table quelques personnes à Lille qui devraient se rencontrer
  • Me créer un autre job ? Devenir politicien-développeur ?
  • Et surtout, surtout, commencer à militer dès Lundi pour revenir à Devoxx du 5 au 7 avril 2017 … et avec quelques collègues de plus.

Et, si jamais certains membres de l’organisation tombent sur ce post, merci à eux pour tout (sauf pour la selfie durant la keynote, ça, c’était too much :-)).

#devoxxfr – Infra as Code, choisissez vous la pilule rouge ou la pilule bleue ?

Après cette blockchain en délire, revenons à du concret avec l’infra as code.

Mais qu’est-ce que l’infra as code ? c’est surtout le moyen de sortir une copie complète de l’infra sans péter la prod actuelle.
En théorie, ça doit permettre d’aller plus vite. En pratique, c’est plus de code, donc il faut le maintenir sinon il ne fait pas gagner de temps.

Donc on peut très bien tenter de faire vivre l’existant avec des bouts de ficelle et des scripts bash, ou on peut tenter de prendre conscience que l’infra as code, ça reste du code, et il faut s’en occuper comme du code.

Donc pour réduire la boucle de feedback lorsqu’on monte une infra, on isole pour débugger plus vite. Avec des outils comme

  • Vagrant
  • Docker

Et on va faire du feature filpping pour éviter les besoins de prod en dév.

Evidement, avec ces outils, on essaye toujours de se contenter de déclarer l’état désiré plutôt que le mode de transition. Donc pas d’ajout manuel dans le /etc/hosts, par exemple. Et pas non plus à grands coups de grep qui ne seront jamais suffisants.

Vient ensuite la super analogie de l’ascenseur : ne déclarer que l’état désiré. C’est ce qui permet l’idempotence. Idempotence qui est vraiment bien pratique pour rendre des configurations reproductibles.

Pour chaque profil de dév, il y a des outils qui vont permettre de les faire bosser mieux et plus vite. Je vous laisse regarder les détails et la vidéo, mais ça met bien face à chaque profil l’outil approprié.

L’un des meilleurs outils pour la prod est Gitlab/Github, parce que si on y met l’infra as code, ça permet aux développeurs de le lire et de comprendre comment marche la prod.

La dette technique peut également apparaître dans l’infra as code comme dans le code, et doit être gérée comme dans le code, c’est-à-dire comme à Tetris : si on ne veut pas s’y noyer, il faut éliminer les blocs dès qu’on peut.

Et l’un des endroits clé, c’est le bash, pour lequel il y a aussi des bonnes pratiques : interdire les unset, arrêter le script quand une commande échoue. Et comme dans le code, les caractères sont gratuits, donc priviliégiez les flags avec des noms longs.

Pour aller en prod sereinement

D’abord il faut savoir ce qu’il y a en prod … en loggant les résultats de chaque install en prod. Parce que la prod est faite du code de déploiement ET de l’état actuel de la prod … qui ne sera visible que dans les logs.

Ensuite, pour garantir la prédictibilité du déploiement, il vaut mieux enlever tous les sleeps du script de déploiement et les remplacer (quelque soit l’outil) par des tests de démarrage des services.

Et puis ne mettez pas tous vos scripts directement dans Jenkins, testez-les d’abord en ligne de commande avant de les mettre dans Jenkins, pour pouvoir versionner ce script d’une part, et pouvoir l’utiliser même quand jenkins est down ensuite.

Pour tester son environnement, on utilise les mêmes méthodes que les dévs (oui oui, on parle bien de pyramide des tests et de TDD). Malheureusement, il n’y a de l’outillage de test unitaire que dans chef et puppet. Là, il s’agira vraiment de tester le script chef/puppet et pas le code applicatif. Pour le test d’intégration, on peut très bien tout piloter dans Jenkins en quatre étapes d’un build.

#devoxxfr – blockchain as a trust machine

Donc après la découverte de la blockchain, et développer une appli ethereum/embark sur la blockchain, dernière conf sur le sujet : blockchain as a trust machine. La différence ? Maintenant, c’est Murex (la cheville ouvrière du trading en France) qui présente. On verra ce que ça change …

« l’homme est un animal social » ou plutôt un animal économique, d’où le troc, puis le système économique. D’ailleurs, depuis le XVIème siècle, le système monétaire n’a pas fondamentalement changé.

The linux foundation a lancé le projet hyperledger qui est un projet proche de la blockchain … en partenariat avec tout un tas de banques et de gros acteurs technologiques.

Mais pour un fonctionnel, la banque, avant tout, c’est un tiers de confiance (au passage, ça reprend la keynote de Fabrice Epelboin sur la crise de la confiance). Alors, est-ce qu’on peut la remplacer ? A priori, avec la blockchain, oui. Du coup, la confiance est-elle plus du côté de bitcoin, ou du côté de ma banque ?

Donc, faisons d’abord un retour sur les bitcoins : ce sont des transactions qui sont timestampées par des blocs. Clair ou pas ? Carrément clair, je trouve. Tout le reste est, en quelque sorte, un détail d’implémentation.

Pour éviter les double-dépenses, les transactions sont timestampées. Et, grâce aux hashes qui sont associés aux transactions, la blockchain est considérée comme inaltérable.

Bon, pour continuer, la blockchain nécessite régulièrement de nouveaux … blocs. Et les mineurs vont créer ces blocs en calculant des nonces. Et comme les mineurs sont intéressés, ils n’ont pas forcément confiance. Pour tenir compte de ce manque de confiance, c’est un réseau totalement décentralisé. Et chaque noeud revalide toutes les données dès qu’il reçoit un nouveau message.

Et il y a un langage de script caché dans la blockchain. Et ça, pour un développeur, évidement, c’est du pain béni. Grâce à ça, on peut par exemple authentifier un objet, grâce à un script d’unlock n’autorisant pas la consommation de la transaction. On peut également faire de la mise en gage en demandant le déverrouillage de la transaction par deux personnes.

S’ensuit une démo incroyable sur un réseau de raspberrys de test. Et c’est franchement bluffant. Même si ça n’est évidement pas représentatif de la vraie blockchain.

Ce qui fait de cette présentation la meilleure de devoxx pour comprendre la blockchain.

#devoxxfr – CDI 2

Injectons donc un peu de nouveauté maintenant … avec CDI 2. Et à mon avis, avec José et Antoine, ça devrait être très intéressant (sans doute aussi parce que CDI me fascine comme le serpent fascine la souris).

Comme d’habitude, comme c’est une discussion sur la spec, le premier point important, c’est : vous pouvez contribuer à CDI 2. Alors si vous avez envie d’aider l’expert group, n’hésitez pas.

CDI, pour l’instant, a 3 version

  1. CDI 1.0 (2009)
  2. CDI 1.1 (2013)
  3. CDI 1.2 (2014)

Et CDI 2 devrait sortir avant Janvier 2017.

Je vous passe les détails sur CDI ? Oui, je passe, parce que vous les connaissez évidement.

Bon, le suivi de CDI 2 est assuré par un meeting IRC par semaine, et ça avance bien. Il y a un cdi-spec.org pour participer plus facilement.

Je vous laisserai regarder la liste des nouvelles features, mais c’est vraiment vraiment chouette. La sécurité va être externalisée de la spec CDI pour être placée dans sa propre spec.

Donc on pourra démarrer de façon standard CDI en JavaSE (on peut le faire actuellement, mais c’est dépendant de l’implémentation). Ce qui est mieux que de dépendre d’un conteneur JavaEE. A noter que la spec CDI a des liens vers le TCK, d onc on peut facilement regarder le code de test correspondant à une feature. Très pratique pour vérifier qu’on a bien compris un point.

Il y a des discussions sur les scopes qui seront supportés en JavaSE. Typiquement, on pourrait ajouter un MehtodScope … Si il est utilisable pour, par exemple, l’utiliser lors d’un MouseEvent, ça vaudrait le coup.

Et passons aux événements !

La grosse feature est l’utilisation d’événements asynchrones. Parce qu’en CDI 1, le mode de transport n’est pas spécifié, mais tout le monde fait du transfert synchrone. Du coup, certains utilisateurs ont abusé cette fonctionnalité pour en faire un visiteur (et vu la tête des speakers, Antoine l’aurait plus volontiers fait que José). Du coup, comme ça a été fait, et comme on fait du Java, et comme ça respecte la spec, il faut le garder, sinon tout le code historique va mourir. Evidement, on ne veut pas vraiment de ça.
En bonus, les contextes CDI sont confondus avec les threads. Du coup, passer les événements en assynchrone va être compliqué.
Donc, ce sera l’appelant de la méthode Event.fire() qui pourra décider si l’événement est synchrone ou pas. Et l’observer doit pouvoir être sûr d’être dans le bon contexte. Et là, mais je sais qu’ils me diront que c’est pas terrible, ils vont ajouter Event.fireAsync() et @ObservesAsync … J’ai bien l’impression que j’aurais préféré Event.async().fire() et Observes(async=true) … Mais je ne suis pas dans la spec.

En revanche, là où il faut être attentif, c’est qu’un envoi incompatible ne donnera lieu à aucun déclenchement de méthode. C’est dommage qu’il n’y ait pas moyen de savoir qu’on fait une erreur dans ce cas.

Bon, par contre, pour les événements mutables, ben là, ne le faites pas. RELLEMENT, NE LE FAITES PAS.

Pour en revenir aux bonnes nouvelles, quand on fait fireAsync, on peut passer un ExecutorService pour définir le thread d’exécution de l’observer.

Par contre, pour récupérer l’état après un appel asynchrone, le fireAsync va retourner un CompletionStage … ce qui explique pourquoi il y a une méthode fireAsync() plutôt qu’un async().fire() …

Passons aux améliorations du support d’AOP.

Bon, on va pouvoir injecter des contextes dans des @Produces. mais ce qui est intéressant là-dedans, c’est la classe UnManaged, qui permet de faire de l’injection sur des objets non créés par CDI. Parce que pour le reste, CDI 2 va « juste » simplifier énormément la transformation d’une annotation.

Ca donne pas envie de faire du CDI 2 ? Eh ben si, vraiment.

#devoxxfr – Microservices IRL: ça fonctionne chez un client, on vous dit comment!

Et donc, des microservices … en prod !

Curieusement, comme d’habitude, ils nous expliquent que les microservices viennent des mouvements agiles, devops, et permettent au SI de s’adapter aux architectures web, cloud grâce aux conteneurs. Et enfin, un microservice, conceptuellement, c’est juste un environement d’exécution d’un bounded context DDD.
Chaque microservice a son propre modèle de persistance et ses propres tables. Du coup, un antipattern est d’avoir des tables partagées entre microservices, comme c’est le cas pour DDD.
Et évidement, dans les microservices, il y a de la répétition.

Donc il y a comme lors de la présentation d’orchestration docker tout un tas d’outils aux noms bizarres : zookeeper, hystrix, … qui permettent toutefois d’assembler « facilement » une application à base de microservices.

Le déploiement se fait par Ansible, mais manuellement.
Heureusement, un outil comme Spinnaker permet de faciliter ça, comme Jenkins 2.

D’une façon amusante, pour le transfert des données, ils utilisent JSON, qui malheureusement ne contient pas de schéma. Ils auraient pu utiliser XML, mais c’est jugé trop verbeux … Ou alors c’est que c’est trop old-school, j’en sais rien.

En tout cas un bel exemple, et le dashboard hystrix est quand même un truc bien agréable à regarder (pour un dév comme pour un ops, en fait).

#devoxxfr – L’Expérience Développeur et votre API

Et comment on fait de belles api alors ?
Evidement, ce talk parle d’apis rest/http. Mais à mon avis, ça peut se projeter sur d’autres domaines comme les interfaces entre modules (quels qu’ils soient).

Première chose à envisager : quels sont les utilisateurs ?

Donc d’abord, rendre l’api compréhensible.

Et rendre la documentation « inutile » : proposer des exemples de code, faire des guides d’utilisation (des howto, typiquement), et avoir un exemple complet d’utilisation. Toute cette documentation, écrivez-la avec des outils « connus ».
Permettre aux utilisateurs de contribuer de la doc est également une bonne façon de créer de la documentation facilement.

#devoxxfr – Développez votre première application décentralisée sur la blockchain avec Ethereum et Embark

Et maintenant, un peu d’ethereum/embark !

Attention : une application ethereum ne peut plus être arrêtée une fois démarrée.
ethstats.net propose des statistiques hyper-intéressantes sur le réseau ethereum.
Et on peut faire du scratch avec ethereum ! (voir etherscripter.com) (franchement, pourquoi on s’emmerde avec les langages texte alors que ce truc est vraiment bien plus pratique ?)
Dans les usages, il y a par exemple weifund qui est un équivalent de kickstarter dans la blockchain publique. Ou ether.fund.

Dans les outils utiles, il y a aussi ethereum-wallet qui permet de visualiser des contrats et de les exécuter facilement.

Avec embark, on peut scaffolder facilement un projet. Par défaut, celui-ci génère une application qui se contente de lire et d’écrire une valeur.

Voir aussi dapps for beginners.

#devoxxfr – Société programmable : développeurs citoyens

Pour continuer avec la thématique de société, un petit talk sur la société programmable …

Avant tout, un petit retour en arrière : Alfred Nobel a inventé le prix éponyme grâce à quoi ? Son invention de la nitroglycérine. Et quand il a découvert qu’elle servait dans les batailles, c’est là qu’il a choisi de créer le prix.

A priori, le prochain secteur qui sera disrupté est celui des banques . 300 000 salariés en France pourraient y perdre leur poste. En face, évidement, les investissements fintech ont doublé cette année.

Pour l’orateur, la place de la femme est un indicateur de développement. je partage ce point.

Bon, par contre, au bout d’1/2 heure, toujours aucun rapport avec les développeurs. En fait, plus exactement, je ne m’attendais pas à me faire 3/4 d’heure du speaker qui raconte sa vision du monde, alimenté par quelques références comme Comte-Sponville, Kant. Malheureusement, ça ne sauve pas l’affaire.

Du coup, au bout d’1/2 heure, j’ai voté avec mes pieds et quitté la salle.

#devoxxfr – Le Service Public à l’heure d’internet

Est-ce que vous savez qu’en Estonie, on peut utiliser sa carte d’identité pour signer numériquement des documents ? Et que dans ce pays, l’accès à internet est un droit fondamental ? Ca vous fait rêver ? Et si ça arrivait en France ?

Matti travaille au sein de l’équipe de beta.gouv.fr, et il nous présente comment la France va peut-être passer du modèle « plan calcul » à des méthodes, disons, plus pragmatiques.

Il commence par un peu de sociologie sur un thème assez classique, l’opposition entre numérique et action publique, ou entre entreprise et collaboratif. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que s’opposer, évidement, ça n’est pas très pratique. Dans le monde de « l’économie collaborative », on préfère éviter. Et parfois, certains gouvernements également.

Pour en revenir à l’Estonie, son modèle a, par exemple, inspiré le gouvernement américain suite à la débâcle du déploiement du site web obamacare : 3 mois après son démarrage officiel, il ne marchait toujours pas, alors que les équipes avaient suivi une belle méthode planifiée. ils sont donc passé à une méthode agile, à des incréments livrés régulièrement, pour réparer les choses autant que possible. De la même manière, le gouvernement anglais a refondu l’ensemble de ses services publics sur la même base. Les anglais ont commencé il y a 5 ans à 10, et ont aujourd’hui 200 personnes qui refondent tout autour d’un concept simple : une barre de recherche pour trouver le service, une interface utilisable par 80 % des gens, et des assistants pour les 20 % qui n’y arrivent pas.

En France, de la même manière, ça a commencé dans le même ordre : libérer les données, open-sourcer le code, et enfin produire des apis. Matti et son équipe ont déjà sorti le portail open-data, mis en place quelques applications, et mis une partie du code sur github. Oui, le code des impôts est sur github. Vous le saviez, évidement.

Cela dit, à ce moment, j’ai eu un authentique choc dissociatif. Je vous explique : je suis un développeur qui fait un peu d’open-source. Ca m’est déjà arrivé de contribuer par des issues, de la doc, du code, des commentaires, bref, tout ce qu’un développeur peut faire pour aider et s’approprier un projet (faut pas rigoler, généralement, quand j’aide un projet, c’est pour que ça marche chez moi). Mais là, quand Matti a expliqué que je pouvais contribuer à la France, littéralement, gratuitement, mon côté citoyen français de merde a fait surface et m’a dit : « quoi, travailler gratuitement pour l’état ? JAMAIS ». Et là, tiraillé que j’étais entre ces deux aspects, j’ai bloqué.

Ce blocage a fait que je n’étais pas forcément très attentif au fait que même les tests Fitnesse (pouah) sont fournis collaborativement, ce qui ne m’intéressais en fait que moyennement. De la même manière, je n’ai pas trop suivi le déploiement, mais ça n’est pas non plus très grave.

En revanche, ça m’a fait repenser à l’opposition du début, entre collaboration et planification, et à la référence de Matti à l’hyper-appartenance au groupe (qui dit qu’en vous identifiant trop à un groupe, on s’empêche surtout de voir les bons côtés du groupe antagoniste). Imaginez, à devoxx, au milieu de mes pairs, j’étais dans une logique de planification !

Encore maintenant, j’ai du mal à mesurer tous les impacts de cette révélation. Une chose est sûre, ça fait réfléchir.

#devoxxfr – Algorithmes, les nouveaux pouvoirs du développeur

Vous connaissez Fabrice Epelboin ? Non ? Dommage, c’est un peu une forme de Cory Doctorow à la française, une sorte de métis étrange entre journaliste politique et « geek » (oui, je le mets entre parenthèse).

Et ce type fait également cours à sciences-po pour présenter les développeurs aux étudiants de science-po … c’est-à-dire pour certains nos futurs dirigeants.

Fabrice est donc venu nous parler du fait que, oui, « software is eating the world », mais avec une nuance. En effet, pour lui, ça n’est pas tant ça que « code is law ». En effet, si on y réfléchit un peu, comment est aujourd’hui implémentée la loi dans d’innombrables cas (typiquement le code général des impôts) ? Evidement, dans du logiciel. Et en parallèle, si on y réfléchit un peu, qu’est-ce qui, dans les vingt dernières décennies, a le plus changé le monde ? La politique ou le code ?

A votre avis, qu’est-ce qui a permis les printemps arabes ? Twitter et facebook, non ?
Pourquoi les adolescents actuels ont-ils une telle culture musicale/cinématographique ? Grâce au ministère de la culture ou grâce à Napster/aux MP3/à Popcorn ?

Bref, comme il le dit, « le monde politique est dans une profonde incompréhension du monde contemporain » à cause en particulier d’une trop grande richesse d’information.

En rester à l’observation, c’est bien, mais franchement, est-ce qu’il n’y a pas mieux à faire ? Maintenant qu’on sait que, grâce au logiciel, malgré l’environnement capitaliste, certaines des valeurs de partage les plus élevées du marxisme (le partage de l’information, la culture accessible, la fraternité et l’égalité entre tous les internautes), où est-ce qu’on va ? Eh bien, là, en bon « observateur », Fabrice n’en sait pas grand chose. En revanche, ce qu’il affirme de façon claire, c’est que la révolution industrielle est en cours, et qu’elle va profondément changer le monde.